Un dialogue politique vivement contesté
Dans une déclaration récente, Ensemble pour la République a exprimé son refus de participer au dialogue tel que proposé par le pouvoir en place. Pour le parti de Moïse Katumbi, l’initiative du chef de l’État ne répond ni aux attentes de l’opposition, ni aux exigences d’un dialogue véritablement inclusif et crédible.
Selon l’opposition, le processus envisagé par Félix Tshisekedi serait unilatéral, dépourvu de garanties de neutralité et incapable de restaurer la confiance entre les acteurs politiques congolais. Le terme « simulacre de dialogue » employé par Ensemble traduit une profonde méfiance vis-à-vis des intentions réelles du pouvoir.
La CENCO et l’ECC comme condition de crédibilité
Pour Ensemble pour la République, une seule condition pourrait rendre le dialogue politique acceptable : une médiation conjointe de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo).
Ces deux institutions religieuses sont régulièrement perçues comme des acteurs neutres et crédibles dans la gestion des crises politiques en RDC. Leur rôle dans plusieurs processus de médiation passés, notamment lors des périodes électorales sensibles, leur confère une légitimité morale reconnue tant au niveau national qu’international.
« Sans la médiation de la CENCO et de l’ECC, il n’y aura pas de dialogue crédible », estime l’opposition.
Cette exigence souligne la défiance persistante entre le pouvoir et une partie significative de la classe politique congolaise.
Une crise politique aux multiples enjeux
La RDC traverse actuellement une crise politique complexe, marquée par :
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des tensions post-électorales,
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une contestation de la gouvernance,
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des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays,
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et une situation socio-économique préoccupante.
Dans ce contexte, le dialogue national est présenté par le pouvoir comme un mécanisme de cohésion nationale et de stabilisation institutionnelle. Toutefois, pour l’opposition, un dialogue sans consensus sur sa forme, ses animateurs et ses objectifs risque de creuser davantage les divisions.
Félix Tshisekedi face au défi de l’inclusivité
Le président Félix Tshisekedi se retrouve désormais face à un dilemme politique majeur : maintenir son initiative de dialogue dans sa forme actuelle ou accepter une médiation externe pour élargir la participation et renforcer la légitimité du processus.
L’absence de figures majeures de l’opposition, dont Moïse Katumbi, affaiblirait considérablement la portée nationale du dialogue et pourrait accentuer la perception d’un processus partisan plutôt que consensuel.
Dialogue national ou impasse politique ?
La prise de position d’Ensemble pour la République relance une question centrale :
👉 la RDC s’achemine-t-elle vers un dialogue national inclusif ou vers une nouvelle impasse politique ?
Pour de nombreux observateurs, la clé réside dans la capacité des acteurs politiques à faire des concessions et à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. L’implication de la CENCO et de l’ECC pourrait constituer un pont de confiance entre le pouvoir et l’opposition, à condition que leurs recommandations soient réellement prises en compte.
Une attente forte de la population
Au-delà des calculs politiques, la population congolaise attend des réponses concrètes à ses préoccupations quotidiennes : sécurité, emploi, coût de la vie et gouvernance. Un dialogue politique perçu comme non crédible risquerait de renforcer le désenchantement citoyen et la défiance envers les institutions
LA RÉDACTION