Le Conseil de sécurité des Nations unies a franchi un tournant majeur dans la gestion du conflit en République démocratique du Congo (RDC) en adoptant la Résolution 2098, instituant la Brigade d’intervention de la MONUSCO.
Il s’agit d’une décision historique, car pour la première fois, une mission onusienne se voit dotée d’un mandat offensif explicite, rompant avec la traditionnelle posture strictement défensive des opérations de maintien de la paix.
Un mandat offensif inédit
Créée dans le cadre de la MONUSCO, la Brigade d’intervention est chargée de neutraliser, désarmer et mettre hors d’état de nuire les groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.
Contrairement aux précédentes forces onusiennes, cette brigade est autorisée à mener des opérations militaires ciblées, y compris des actions offensives, en étroite coordination avec les Forces armées de la RDC (FARDC).
Cette brigade est principalement composée de contingents africains et dispose de capacités renforcées en matière de renseignement, d’artillerie et de mobilité, afin de répondre efficacement à la menace persistante des groupes rebelles.
Le M23 dans le viseur
Parmi les groupes explicitement ciblés figure le Mouvement du 23 mars (M23), dont les offensives répétées ont provoqué d’importants déplacements de populations, des violations des droits humains et une instabilité chronique dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Selon des sources proches du dossier sécuritaire, la Brigade d’intervention, agissant conjointement avec les FARDC, entend mettre en déroute les rebelles du M23 d’ici janvier 2026, en intensifiant les opérations militaires sur les principaux bastions rebelles et les axes stratégiques.
Un signal politique fort
L’adoption de la Résolution 2098 envoie un message clair à la communauté internationale : l’ONU ne se contentera plus d’observer ou de contenir les violences, mais s’engage désormais à agir de manière robuste pour restaurer l’autorité de l’État congolais et protéger les civils.
Pour Kinshasa, cette décision représente un soutien stratégique majeur, renforçant la coopération militaire entre la RDC et les Nations unies dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes et des accusations de soutiens extérieurs aux groupes armés.
Enjeux et perspectives
Si la création de la Brigade d’intervention suscite un espoir réel de changement sur le terrain, plusieurs défis demeurent :
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la coordination opérationnelle entre la MONUSCO et les FARDC ;
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la protection des civils lors des offensives ;
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la durabilité des succès militaires face aux causes profondes du conflit.
Néanmoins, avec ce mandat offensif inédit, l’ONU semble déterminée à changer le rapport de force dans l’Est de la RDC. Les mois à venir, et particulièrement l’échéance de janvier 2026, seront décisifs pour évaluer l’efficacité de cette nouvelle approche et son impact réel sur la paix et la stabilité dans la région.
LA REDACTION