Dans un contexte de tensions persistantes à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où le mouvement rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda, poursuit ses avancées malgré des accords de paix récemment médiatisés par les États-Unis et le Qatar, une séquence diplomatique délicate s’est produite au Burundi.
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a publiquement recadré son ministre des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, à la suite de déclarations controversées mettant en cause le rôle du Qatar dans le règlement du conflit.
Une accusation contre Doha rapidement désavouée
Dans un message publié puis rapidement supprimé sur le réseau social X (anciennement Twitter), le chef de la diplomatie burundaise avait accusé Doha de jouer un « rôle négatif », en utilisant son influence diplomatique et ses moyens financiers pour dissuader Washington d’adopter une position plus ferme à l’égard de Kigali, principal soutien présumé de la rébellion AFC/M23.
Ces propos ont provoqué un malaise diplomatique, au moment même où le Qatar s’illustre comme un acteur central de la médiation internationale sur le conflit dans l’est de la RDC.
Ndayishimiye réaffirme les relations stratégiques avec le Qatar
Face à la polémique, le président Évariste Ndayishimiye a tenu à clarifier la position officielle de Bujumbura. Il a souligné les relations bilatérales durables et fructueuses entre le Burundi et le Qatar, insistant sur le rôle crucial de Doha dans les efforts de médiation, mais aussi dans les projets de paix, de stabilité et de développement régional.
Le chef de l’État burundais a appelé à dissiper tout malentendu et à éviter toute déclaration erronée susceptible de nuire aux initiatives diplomatiques en cours.
Des divergences internes au sein du gouvernement burundais
Cet épisode met en lumière de réelles divergences internes au sein du gouvernement burundais, pourtant allié stratégique de Kinshasa dans le conflit qui oppose depuis plusieurs années les forces armées congolaises à la rébellion AFC/M23 soutenue par Kigali.
Alors que la région des Grands Lacs reste marquée par une instabilité chronique, ces tensions diplomatiques internes pourraient fragiliser la cohésion des pays engagés aux côtés de la RDC dans la recherche d’une solution durable.
Un conflit régional aux enjeux diplomatiques majeurs
La crise sécuritaire dans l’est de la RDC dépasse désormais le cadre strictement militaire pour s’inscrire dans une dynamique diplomatique régionale et internationale complexe, impliquant des acteurs comme les États-Unis, le Qatar, et plusieurs pays de la région.
Pour de nombreux observateurs, la cohérence des positions diplomatiques des États alliés à Kinshasa demeure un facteur clé dans la réussite des processus de paix en cours.
LA REDACTION