Le Rwanda exclut un retrait immédiat de ses troupes de l’est de la RDC. Kigali exige d’abord la neutralisation des FDLR et critique le rôle des États-Unis dans la médiation.
Le Rwanda conditionne le retrait de ses troupes de l’est de la RDC
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a rejeté l’idée d’un retrait immédiat des troupes rwandaises présentes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Dans un entretien accordé à France 24, il a affirmé que ce retrait restait conditionné à la mise en œuvre préalable de certaines dispositions sécuritaires.
Cette déclaration intervient après l’appel lancé par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui avait exprimé devant le Congrès des États-Unis son souhait de voir les forces rwandaises se retirer de l’est de la RDC d’ici la mi-juillet.
Kigali exige la neutralisation des FDLR
Selon le chef de la diplomatie rwandaise, le retrait des troupes ne pourra intervenir qu’après la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par les autorités congolaises.
Il soutient que cette obligation figure dans le Concept des opérations (CONOPS), un mécanisme convenu entre les parties, et accuse Kinshasa de ne pas avoir commencé à appliquer cet engagement.
« La RDC n’a pas même commencé à appliquer cette disposition », a déclaré Olivier Nduhungirehe.
Kigali critique la médiation américaine
Le ministre rwandais a également dénoncé ce qu’il qualifie de « partialité flagrante » des États-Unis dans leur rôle de médiateur entre Kigali et Kinshasa.
Il rappelle que Washington a pris plusieurs sanctions contre le Rwanda, notamment contre des commandants militaires rwandais en mars ainsi que contre Gasabo Gold Refinery, une raffinerie accusée d’avoir participé au commerce d’or provenant des zones contrôlées par le M23.
Selon lui, aucune mesure comparable n’a été prise contre la RDC.
« Ce n’est plus un médiateur neutre », a affirmé le ministre, tout en précisant que les décisions du Rwanda relevaient d’un « engagement national » et non de la pression exercée par les sanctions internationales.
Un chronogramme proposé par Kigali
Les autorités rwandaises affirment avoir soumis un chronogramme concret destiné à accélérer la mise en œuvre du CONOPS. Kigali estime toutefois que les retards observés dans ce processus sont imputables à la partie congolaise.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre la RDC et le Rwanda, alors que la communauté internationale poursuit ses efforts pour favoriser une désescalade dans l’est du pays.
LA REDACTION
