Cette sortie intervient quelques jours après la diffusion d’un mémorandum signé par le Comité exécutif et le Conseil des sages de la Communauté des Congolais Vivant en Ouganda (CCVU), document dans lequel plusieurs accusations et critiques avaient été formulées contre certains responsables diplomatiques et acteurs de la diaspora.
Une diaspora qui dénonce un climat de division
Dans leur déclaration datée du 14 mai 2026, les signataires affirment que la communauté congolaise en Ouganda traverse une grave crise interne caractérisée par :
- un déficit de leadership ;
- des divisions au sommet ;
- des conflits permanents ;
- un manque de légitimité du comité provisoire ;
- des soupçons de collaboration avec des groupes rebelles ;
- ainsi que des pratiques de corruption et de trafic d’influence.
Selon eux, la transition qui devait durer trois mois a déjà dépassé sept mois sans calendrier électoral clair, ce qui alimente la frustration au sein de la diaspora congolaise.
Réponse aux accusations du mémorandum de la CCVU
Le nouveau texte vient également contredire plusieurs affirmations contenues dans le mémorandum transmis au Président Félix Tshisekedi lors de sa visite à Kampala.
Dans ce document, la CCVU accusait notamment le Chargé d’Affaires a.i Jules Ngalu Kalala de « prendre en otage » l’ambassade congolaise et de diviser les Congolais vivant en Ouganda.
Cependant, les auteurs de la nouvelle correspondance estiment que les véritables tensions proviennent plutôt de certains animateurs du comité provisoire eux-mêmes, qu’ils accusent d’entretenir volontairement les conflits internes pour conserver le pouvoir.
Ils remettent aussi en question la crédibilité du comité exécutif présenté dans le mémorandum, notamment la composition du comité intérimaire et du Conseil des sages.
Pour les signataires, seule une élection ouverte, transparente et inclusive pourra permettre de rétablir l’ordre et la confiance au sein de la communauté congolaise vivant en Ouganda.
Des accusations graves liées à l’insécurité dans l’Est de la RDC
Le mémorandum de la CCVU évoquait également la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, particulièrement en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
Mais les auteurs de la nouvelle déclaration vont plus loin en dénonçant une « probable collaboration » de certains responsables communautaires avec des éléments ayant rejoint des mouvements rebelles actifs dans l’Est du pays.
Des accusations particulièrement sensibles qui risquent d’accentuer davantage les tensions au sein de la diaspora congolaise de Kampala.
Appel à l’Ambassade de la RDC à Kampala
Face à cette situation, les membres de la diaspora demandent à l’Ambassade de la RDC en Ouganda d’organiser sans délai des élections générales pour renouveler les organes de représentation de la communauté.
Ils rappellent également que, selon les résolutions issues des négociations conduites par la CCCU sous le parrainage de l’Ambassade, les animateurs actuels du comité provisoire ne devraient pas participer aux prochaines élections.
Cette crise révèle une profonde fracture au sein de la diaspora congolaise en Ouganda, alors que plusieurs voix appellent désormais à une restructuration complète des organes communautaires afin de préserver l’unité et l’image des Congolais vivant à Kampala.
LA REDACTION
