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DU LIBRE-ÉCHANGE AUX CORRIDORS ÉCONOMIQUES : QUELLES STRATÉGIES POUR LA RDC ?

by Zionnews

Depuis 1885, le Congo est au cœur des grands circuits internationaux de circulation des richesses. Hier, cette logique s’appelait le libre-échange ; aujourd’hui, elle prend la forme de corridors économiques.

Le volume d’acteurs augment, et la compétition pour l’accès aux ressources et aux voies d’évacuation demeure.

Conçu au départ sous une structure qui ressemblait davantage à celle d’une association privée qu’à celle d’un État, le Congo est né d’accords dont l’élément central était le libre-échange. Dès les années 1878-1884, Léopold II entreprend une intense campagne diplomatique auprès des États-Unis, de l’Allemagne, de la France et d’autres puissances afin d’obtenir la reconnaissance de son contrôle sur ce qui deviendra l’État Indépendant du Congo, officiellement reconnu en 1885.

Que s’est-il passé ?

L’histoire remonte en 1482, lorsque le navigateur portugais Diogo Cão atteint l’embouchure du fleuve Congo, un événement que beaucoup présentent abusivement comme une « découverte », alors qu’il était accueilli par ceux qui habitaient ces terres depuis plusieurs siècles.

Cette arrivée ouvre progressivement la voie à la traite négrière atlantique. Pendant près de quatre siècles, des millions d’Africains seront déportés vers les Amériques. Le crime le plus grave de l’histoire humanitaire.

Au XIXᵉ siècle, une nouvelle génération d’explorateurs arrive avec une autre ambition : exploiter les richesses africaines sans nécessairement déplacer les populations vers l’autre côté de l’Atlantique.

Parmi les principaux acteurs de cette période figurent David Livingstone, Henry Morton Stanley et Tippu Tip.

1. David Livingstone commence ses explorations en Afrique australe puis en Afrique centrale à partir de 1851. Ayant admiré les pommes de terre africaines, il s’occupe de la conquête des esprits pendant plusieurs années avant de mourir en 1873 à Chitambo, dans l’actuelle Zambie.

2. Henry Morton Stanley est envoyé à sa recherche par le journal New York Herald. Après avoir traversé Zanzibar, il retrouve Livingstone à Ujiji, sur les rives du lac Tanganyika, le 10 novembre 1871. Livingstone refuse alors de rentrer en Europe.

Stanley revient en Afrique en 1874 et entreprend une traversée historique qui le conduit du lac Tanganyika jusqu’à l’océan Atlantique. Cette expédition dure près de trois ans, de 1874 à 1877.

À son retour en Europe, Stanley rencontre Léopold II en 1878. Ensemble, ils créent le Comité d’Études du Haut-Congo (CEHC). L’année suivante, cette organisation devient l’Association Internationale du Congo (AIC).

C’est pourquoi certains historiens considèrent que le Congo est né d’une structure privée avant de devenir une entreprise puis un État, ce qui amène parfois à comparer son origine à celle d’une Société à Responsabilité Limitée, SARL en sigle.

Sous le couvert de l’AIC, Stanley entreprend un troisième voyage au cours duquel il signe plusieurs traités avec des chefs coutumiers congolais. Pourtant, une question demeure : nos ancêtres ne maîtrisaient ni la lecture ni l’écriture européennes. En quelle langue ces accords étaient-ils rédigés ? Ont-ils été signés librement ou sous la contrainte ? Ce débat reste encore largement ouvert parmi les historiens.

Ces traités permettront ensuite à Léopold II de convaincre les puissances réunies à la Conférence de Berlin (1884-1885) de reconnaître son autorité sur le bassin du Congo.

L’objectif officiel de cette conférence était d’encadrer la colonisation de l’Afrique, de garantir la liberté de navigation sur le Congo et le Niger ainsi que le principe du libre-échange dans le bassin conventionnel du Congo.

Grâce aux traités obtenus par Stanley, Léopold II obtient la reconnaissance internationale de son autorité sur un immense territoire situé au cœur de l’Afrique.

Il faut retenir que les États-Unis, la France et l’Allemagne acceptent les propositions de Léopold II parce qu’il leur garantit l’accès au commerce des matières premières, notamment l’ivoire et le caoutchouc, sans passer par son administration.

Cette promesse répond également à leur volonté de limiter l’influence britannique dans la région. À cette époque, la Grande-Bretagne contrôle déjà de vastes territoires en Afrique, notamment la Rhodésie (actuels Zimbabwe et Zambie), le Nyassaland (actuel Malawi), l’Ouganda ainsi que le protectorat sur Zanzibar, tandis que l’Allemagne administre le Tanganyika à partir de 1885.

Après la Conférence de Berlin, une autre bataille commence : celle de la délimitation effective des frontières.

Dans la partie orientale du Congo, Tippu Tip (Hame-Ben-Mohamed), un noir commerçant de ses frères au marché des arabes, exerce une influence considérable. Le surnom de Tip Tipo est littérairement définit comme un tu3ur car indiquant le son des balles tirées sur les noirs qui essayaient d’échapper à son entreprise de commerce négrière.

Après plusieurs campagnes milita

Par Niyonsaba Patient

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