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Mauvaise utilisation de TikTok : Christian Bosembe accuse les régimes Kabila d’avoir contribué à la dégradation de l’éducation en RDC

by Zionnews

La mauvaise utilisation des réseaux sociaux, particulièrement de TikTok, relance le débat sur l’état de l’éducation et des valeurs sociales en République démocratique du Congo.

Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a notamment mis en cause les régimes de Joseph Kabila et de son père, Laurent-Désiré Kabila, estimant que certaines périodes de gouvernance ont profondément affecté la manière de penser d’une partie de la population.

Selon Christian Bosembe, la problématique ne se limite pas aux contenus diffusés aujourd’hui sur TikTok. Elle serait également liée à une dégradation plus ancienne de l’éducation et de la formation intellectuelle des Congolais.

« Ceux qui ont dirigé le pays durant cette période-là ont détruit la pensée des gens », affirme-t-il.

TikTok, symptôme d’un problème plus profond ?

Pour le président du CSAC, l’essor des réseaux sociaux met désormais en évidence certaines faiblesses de la société congolaise. TikTok, avec son contenu court et fortement viral, peut être utilisé pour l’éducation et la sensibilisation, mais aussi pour diffuser des contenus considérés comme nuisibles à la jeunesse.

Christian Bosembe avait déjà dénoncé en janvier 2025 ce qu’il considérait comme une utilisation dangereuse de TikTok en RDC, accusant notamment la plateforme de favoriser la délinquance, la propagande nuisible et certains phénomènes de radicalisation. Il avait alors évoqué la possibilité de mesures allant jusqu’à la suspension de l’application si aucune amélioration n’était constatée.

Cette position traduit une préoccupation plus large : comment protéger la jeunesse congolaise dans un environnement numérique où les contenus éducatifs côtoient les vidéos à caractère violent, vulgaire ou désinformateur ?

Les régimes Kabila au cœur des accusations

En mettant en cause les régimes de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila, Christian Bosembe inscrit la crise actuelle dans une perspective historique.

Son analyse suggère que les difficultés observées aujourd’hui dans le comportement d’une partie de la jeunesse ne peuvent pas être attribuées uniquement aux réseaux sociaux. Elles seraient également liées à plusieurs années de défaillances dans les domaines de l’éducation, de la formation citoyenne et de la transmission des valeurs.

Cette lecture reste toutefois une appréciation politique et personnelle de Christian Bosembe, et ne constitue pas à elle seule une démonstration historique ou scientifique établissant la responsabilité directe de ces régimes dans la dégradation de l’éducation congolaise.

Le rôle des réseaux sociaux dans l’éducation

Le débat sur TikTok pose également la question de la responsabilité des plateformes numériques, des parents, des éducateurs et des autorités.

Le CSAC considère depuis plusieurs années que les médias et les plateformes numériques doivent contribuer à la protection de la jeunesse et au maintien d’un espace public responsable. En 2024, Bosembe avait déjà annoncé vouloir renforcer l’encadrement du secteur médiatique et s’était également exprimé sur les dérapages observés sur les réseaux sociaux.

Mais au-delà des sanctions ou des restrictions, une autre question demeure : comment reconstruire une culture éducative suffisamment forte pour permettre aux jeunes Congolais de distinguer l’information, la désinformation et les contenus destinés uniquement à faire le buzz ?

Une responsabilité collective

La polémique autour de TikTok révèle finalement un problème qui dépasse une seule plateforme. L’éducation aux médias, l’esprit critique et la formation citoyenne deviennent indispensables dans une société où une vidéo de quelques secondes peut atteindre des milliers, voire des millions de personnes.

La RDC doit donc trouver un équilibre entre la protection de la jeunesse, la lutte contre les contenus dangereux et la préservation de la liberté d’expression.

Les propos de Christian Bosembe relancent ainsi une interrogation majeure : si les réseaux sociaux reflètent aujourd’hui une partie des comportements de la société congolaise, quelles responsabilités les générations politiques successives doivent-elles assumer dans la formation intellectuelle et citoyenne de la jeunesse ?

La sortie de Christian Bosembe intervient dans un contexte où le CSAC cherche à renforcer la régulation de l’espace médiatique et numérique congolais. Ses critiques contre la mauvaise utilisation de TikTok s’accompagnent désormais d’une lecture historique mettant en cause les anciens régimes Kabila.

Reste à savoir si cette approche permettra d’apporter des réponses concrètes à la crise éducative et culturelle dénoncée, ou si elle alimentera davantage le débat politique en RDC.

LA REDACTION

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