Kinshasa fait face à une insécurité qui ne se limite plus à la nuit. Les braquages, agressions et actes de banditisme sont également signalés en pleine journée.
Des faits documentés ont conduit les autorités nationales à renforcer les opérations contre la criminalité dans la capitale.
Face à cette situation, une question devient incontournable : qui doit rendre compte des résultats de la politique sécuritaire dans la ville ?
La responsabilité politique du ministre provincial de l’Intérieur doit être posée. Sa mission ne consiste pas uniquement à constater l’insécurité ou à annoncer des mesures. Il doit être capable de présenter une stratégie provinciale claire, coordonnée et mesurable pour protéger les Kinoises, les Kinois et leurs biens.
De même, la responsabilité opérationnelle du commissaire provincial de la PNC/Kinshasa doit être examinée. La police dispose de moyens humains et matériels importants. Pourtant, lorsque la population continue à vivre dans la peur, il est légitime de demander si ces moyens sont déployés en fonction des véritables priorités sécuritaires.
Le problème devient encore plus préoccupant lorsque des moyens destinés à renforcer la sécurité semblent être fortement mobilisés pour les contrôles routiers et les arrestations de motocyclistes, alors que des actes criminels continuent d’être signalés.
Cette critique n’est pas une attaque contre les policiers qui accomplissent correctement leur travail. Le commissaire provincial lui-même a récemment dénoncé des arrestations arbitraires, des saisies abusives de motos et d’autres pratiques qui nuisent à l’image de la police.
Mais justement, cela pose une question de commandement :
«Les moyens de la police sont-ils aujourd’hui concentrés sur les priorités qui menacent réellement la sécurité des citoyens ?»
Arrêter un motocycliste en infraction peut relever de la mission de police. Mais lorsque le citoyen est braqué en pleine journée, agressé sur un axe fréquenté ou attaqué à proximité de son domicile, il attend de la police une réponse différente : prévenir, intervenir rapidement et démanteler les réseaux criminels.
La sécurité ne doit donc pas être évaluée uniquement au nombre d’arrestations effectuées.
Elle doit être évaluée au nombre d’agressions évitées, au temps de réaction de la police, à la réduction des braquages et à la capacité à rendre durablement les quartiers plus sûrs.
Le ministre provincial de l’Intérieur doit répondre.
Le commissaire provincial de la PNC doit répondre.
Pas parce qu’ils seraient responsables personnellement de chaque crime commis à Kinshasa, mais parce qu’ils ont des responsabilités institutionnelles dans la politique et la mise en œuvre de la sécurité publique.
La population kinoise a besoin de résultats, pas seulement d’opérations ponctuelles.
Kinshasa ne demande pas simplement plus de policiers dans les rues. Elle demande une police mieux orientée, mieux organisée et évaluée sur ses résultats.
La question fondamentale est donc simple :
«Si les moyens existent, pourquoi l’insécurité continue-t-elle à s’installer jusque pendant la journée ?»
C’est à cette question que les responsables de la gouvernance sécuritaire de Kinshasa doivent désormais répondre publiquement.
Graddy OLOKO