Le président national de la Nouvelle alliance des ambassadeurs du Grand Congo (NAAGC), Paulin Kanku, conteste la légitimité politique de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila à prendre part au dialogue national.
Il estime que ce processus doit privilégier la recherche de solutions à la crise congolaise plutôt que servir des intérêts politiques particuliers.
Dans une déclaration rendue publique ce dimanche 11 octobre 2026, Paulin Kanku a vivement réagi à la récente sortie médiatique de Joseph Kabila. Le responsable de la NAAGC a critiqué les propos de l’ancien président, qu’il juge dépourvus de propositions concrètes pour répondre aux défis politiques, économiques, sociaux et sécuritaires auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Pour Paulin Kanku, les dix-huit années passées par Joseph Kabila à la tête du pays devraient constituer une occasion de rendre compte de son bilan plutôt que de formuler des critiques à l’endroit des autorités actuelles. Il estime que la gouvernance de l’ancien régime n’a pas permis d’améliorer suffisamment les conditions de vie des Congolais et lui reproche d’avoir privilégié, selon son appréciation, la conservation du pouvoir et des intérêts particuliers.
Un bilan politique et sécuritaire vivement critiqué
Dans son intervention, le président de la NAAGC attribue une part de responsabilité à l’ancien régime dans plusieurs difficultés auxquelles le pays reste confronté. Il remet notamment en question certains accords politiques et sécuritaires conclus durant la présidence de Joseph Kabila, qu’il considère comme ayant contribué à fragiliser les institutions nationales.
Il exprime également des réserves sur la mise en œuvre de la décentralisation, estimant que certaines de ses modalités ont pu compliquer la coordination institutionnelle et limiter l’efficacité de l’action de l’État sur l’ensemble du territoire national.
Sur le plan sécuritaire et diplomatique, Paulin Kanku critique les relations entretenues par l’ancien régime avec certains pays de la région, particulièrement l’Ouganda et le Rwanda. Selon lui, ces rapports auraient favorisé des influences extérieures dans les affaires internes de la RDC et porté atteinte à la souveraineté nationale.
Sur cette base, il juge nécessaire que Joseph Kabila apporte des explications aux Congolais sur ses choix politiques et sécuritaires, avant de remettre en cause les stratégies adoptées par les dirigeants actuels.
Ces accusations traduisent la position politique de Paulin Kanku à l’égard de l’ancien président et de son héritage gouvernemental.
Le dialogue national, un cadre qui doit servir l’intérêt général
L’éventuelle participation de Joseph Kabila au dialogue national demeure au cœur des préoccupations exprimées par le responsable de la NAAGC.
Paulin Kanku met en garde contre une utilisation de ce processus à des fins de partage du pouvoir, de protection politique ou d’obtention de garanties personnelles. Il estime notamment que les concertations nationales ne doivent pas devenir un moyen de contourner d’éventuelles responsabilités ou de remettre en cause des mesures restrictives dans l’intérêt de certains acteurs.
À ses yeux, le dialogue national doit plutôt constituer un mécanisme de résolution de la crise, de consolidation des institutions et de recherche de solutions durables aux problèmes du pays.
Il plaide ainsi pour une démarche qui place les préoccupations de la population au premier plan, notamment la sécurité, la stabilité institutionnelle et l’amélioration des conditions socio-économiques.
Le président de la NAAGC insiste par ailleurs sur le respect de l’ordre constitutionnel et des prérogatives des institutions compétentes dans l’organisation de toute initiative de concertation politique.
Tout en reconnaissant l’importance du dialogue entre les acteurs nationaux, il considère que celui-ci doit reposer sur des objectifs clairement définis et ne saurait servir à légitimer des intérêts particuliers.
Paulin Kanku réaffirme son soutien à Félix Tshisekedi
Dans le même temps, Paulin Kanku a renouvelé son soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il salue les efforts qu’il attribue au chef de l’État en matière de sécurité, de défense de l’intégrité territoriale et de préservation de l’unité nationale.
Selon le responsable de la NAAGC, les initiatives engagées sous l’actuelle administration visent notamment à combattre certaines pratiques héritées du passé, qu’il associe à l’affaiblissement des institutions et à l’exploitation des ressources naturelles congolaises au bénéfice d’intérêts extérieurs.
Il présente Félix Tshisekedi comme un dirigeant favorable à la concertation et à la recherche de solutions face aux difficultés politiques et sécuritaires du pays.
Cette prise de position s’accompagne d’un appel à la mobilisation nationale pour défendre les intérêts de la RDC, renforcer les institutions et préserver le contrôle du pays sur ses ressources naturelles.
« Nous ne sommes pas les esclaves des puissances étrangères », a déclaré Paulin Kanku, insistant sur la nécessité pour les Congolais de demeurer maîtres de leur territoire, de leurs richesses et de leur avenir.
Il déplore, dans ce contexte, le contraste entre l’abondance des ressources naturelles du pays et la persistance de la pauvreté au sein d’une grande partie de la population.
La souveraineté et l’intégrité territoriale au centre du discours
Au-delà de ses critiques visant Joseph Kabila, Paulin Kanku a placé la souveraineté nationale au centre de son intervention. Il estime que les tensions sécuritaires dans l’est de la RDC et les pressions extérieures imposent une vigilance accrue de la part des autorités et de la population.
Pour lui, la défense de l’intégrité territoriale, la protection des civils et le renforcement des institutions doivent rester des priorités nationales.
Nestor Ilo