La députée nationale Bolumbe Bakando annonce le dépôt d’une motion de défiance contre le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi. Insatisfaite des réponses fournies par le membre du gouvernement à sa question orale avec débat, l’élue dénonce des préoccupations restées sans réponse, notamment au sujet d’un présumé détournement de 57 millions de dollars.
La tension monte à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC). Le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, est visé par une motion de défiance annoncée par la députée nationale Bolumbe Bakando, à la suite d’un échange en plénière consacré aux préoccupations soulevées dans sa question orale avec débat.
Insatisfaite des explications présentées par le membre du gouvernement, l’élue a annoncé son intention de déposer cette motion dès le lendemain de son intervention. Selon ses déclarations, plusieurs députés nationaux auraient déjà apposé leur signature sur le document.
Bolumbe Bakando dénonce des réponses insuffisantes
Lors de sa conclusion en plénière, Bolumbe Bakando a exprimé son mécontentement face aux réponses du ministre de l’Agriculture. Elle estime que Muhindo Nzangi n’a pas répondu aux préoccupations qu’elle avait soulevées.
« On a vécu un scénario. Le ministre n’a répondu à aucune de mes préoccupations », a-t-elle déclaré.
La députée a également fait référence au report de la séance, qui devait permettre au ministre de préparer ses réponses aux questions des élus. Malgré ce délai supplémentaire, elle considère que les explications fournies n’ont pas été à la hauteur de ses attentes.
Cette insatisfaction l’a conduite à annoncer une initiative parlementaire visant à demander des comptes au ministre sur les points soulevés au cours du débat.
Un présumé détournement de 57 millions de dollars évoqué
Au cours de son intervention, Bolumbe Bakando a également évoqué une note attribuée au directeur de cabinet du chef de l’État, qui aurait alerté le ministre sur un présumé détournement de 57 millions de dollars avant la tenue du débat parlementaire.
Cette allégation constitue l’un des éléments avancés par la députée pour justifier sa démarche. Toutefois, les circonstances précises de ce détournement présumé, les personnes éventuellement mises en cause et les conclusions d’une éventuelle enquête ne sont pas établies dans les informations disponibles.
« Il faudrait que cette hémorragie s’arrête », a lancé l’élue, appelant à mettre fin aux pratiques qu’elle dénonce.
À ce stade, ces accusations doivent être considérées comme des déclarations de la députée et non comme des faits judiciairement établis.
Muhindo Nzangi appelé à prêcher par l’exemple
Bolumbe Bakando a par ailleurs rappelé que Muhindo Nzangi est lui-même député national. À ses yeux, cette qualité devrait l’amener à faire preuve d’exemplarité dans l’exercice de ses fonctions gouvernementales.
L’annonce de la motion de défiance ouvre ainsi une nouvelle séquence parlementaire autour de la gestion du ministère de l’Agriculture et des accusations soulevées pendant les échanges en plénière.
Quelle suite pour la motion de défiance ?
Le dépôt annoncé de la motion devra être suivi des étapes parlementaires prévues par les règles de l’Assemblée nationale. Son évolution dépendra notamment de sa recevabilité, de son examen et des suites qui lui seront réservées par les députés.
Pour l’heure, l’annonce de Bolumbe Bakando marque une volonté de poursuivre le contrôle parlementaire de l’action gouvernementale. La position du ministre Muhindo Nzangi sur les accusations évoquées, ainsi que d’éventuels éléments complémentaires concernant le montant de 57 millions de dollars, restent à préciser.
JOSUE MISHUMBI