168
La justice française a rendu un verdict historique dans un dossier emblématique des crimes commis dans l’Est de la République démocratique du Congo.
L’ancien chef rebelle congolais Roger Lumbala, âgé de 67 ans, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d’assises de Paris, pour complicité de crimes contre l’humanité perpétrés entre 2002 et 2003 en RDC
Une condamnation au titre de la compétence universelle
Jugé à Paris sur la base du principe de la compétence universelle, Roger Lumbala a été reconnu coupable d’avoir fourni aide et assistance à des actes de torture, d’actes inhumains et de viols constitutifs de torture, commis par des combattants placés sous son commandement.
Ces crimes ont été perpétrés lors de l’opération tristement célèbre baptisée « Effacer le tableau », menée dans plusieurs localités de l’Est de la RDC, notamment en Ituri et dans le Haut-Uélé.
Initialement absent malgré une sommation officielle, Roger Lumbala a finalement été conduit de force dans le box des accusés par les gendarmes, afin d’assister à la lecture de la décision de la cour.
Outre la lourde peine de prison, la Cour a assorti la condamnation d’une interdiction définitive du territoire français. Conformément à la procédure, l’accusé dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel.
Une audience civile est programmée pour le 30 juin 2026, afin d’examiner les demandes d’indemnisation des parties civiles, en réparation des préjudices subis par les victimes de ces exactions massives.
Ce procès constitue une première historique :
👉 Aucune juridiction nationale étrangère n’avait, jusqu’ici, condamné un ancien chef de guerre pour des crimes commis dans l’Est de la RDC.
Cette décision marque une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité des crimes internationaux, et envoie un signal fort aux auteurs de violations graves des droits humains, où qu’ils se trouvent.
