Les combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) poursuivent leurs attaques dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, plongeant les populations civiles dans une insécurité grandissante.
En l’espace de deux semaines, plus de cinq incursions ont été enregistrées dans le groupement Mwenye, en chefferie de Baswagha.
La dernière attaque en date est survenue dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026. Le village de Musenge, situé à la limite entre la chefferie des Bashu (territoire de Beni) et le groupement Mwenye (territoire de Lubero), a été la cible d’une nouvelle incursion armée attribuée aux ADF.
Selon des sources locales, au moins quinze maisons ont été incendiées au cours de cette attaque. Les dégâts matériels concernent des habitations de particuliers, des maisons de commerce, une partie de l’église catholique ainsi que le bâtiment abritant la radio communautaire de Musenge.
Aucune perte en vies humaines n’a été signalée du côté de la population civile. En revanche, des échanges de tirs entre les assaillants et les forces loyalistes ont coûté la vie à deux militaires des FARDC. Les forces de sécurité sont intervenues rapidement afin de contenir l’attaque et limiter les dégâts.
Réagissant à cette nouvelle attaque, Kambale Muthano Jérémie, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile du groupement Mwenye, dénonce une recrudescence inquiétante des violences armées depuis le début du mois de janvier. Il affirme que ces attaques ont déjà causé des pertes humaines et appelle les autorités à renforcer les effectifs militaires dans la zone et à lancer des opérations offensives d’envergure contre les assaillants.
De son côté, Maître Mahombi Kahongya, président de la société civile de la chefferie des Bashu, estime que cette attaque traduit une avancée progressive des rebelles vers sa juridiction, déjà ciblée par le passé. Il exhorte le gouvernement congolais à intensifier les opérations militaires pour stopper cette menace grandissante.
Il appelle également la population à garder son calme et à ne pas céder à la panique, afin de ne pas favoriser l’ennemi.
À la suite de cette incursion, un déplacement massif des habitants a été observé. Ce dimanche, la route Butembo–Masoya a été envahie par des familles fuyant les violences dans le groupement Mwenye.
Plusieurs d’entre elles se dirigent vers Butuhe et la ville de Butembo, jugées relativement plus sûres.D’autres déplacés ont trouvé refuge dans les villages de Vurondo et Rwahwa, en chefferie des Bashu, où les besoins humanitaires commencent déjà à se faire sentir.
Grace MAUA
