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Entre litige migratoire et accusations sur le M23, le Rwanda attaque le Royaume-Uni en justice

by Zionnews
Le Rwanda a engagé une action judiciaire contre le Royaume-Uni à la suite de la suspension définitive des paiements liés à l’accord migratoire conclu entre les deux pays.

Le Rwanda a engagé une action judiciaire contre le Royaume-Uni à la suite de la suspension définitive des paiements liés à l’accord migratoire conclu entre les deux pays.

Ce bras de fer juridique intervient dans un contexte diplomatique déjà tendu, marqué par des accusations occidentales contre Kigali concernant son rôle présumé dans le conflit à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Un accord migratoire controversé annulé par Londres

Signé sous le gouvernement conservateur de Boris Johnson, l’accord migratoire entre Londres et Kigali prévoyait le transfert vers le Rwanda de migrants entrés illégalement sur le territoire britannique. Le projet, présenté comme une solution à la pression migratoire au Royaume-Uni, avait suscité de vives critiques de la part d’ONG et d’instances internationales, dénonçant des risques pour les droits humains.

À son arrivée au pouvoir, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a mis fin à ce dispositif, estimant qu’il était coûteux, inefficace et juridiquement fragile. Cette décision a entraîné l’arrêt des paiements prévus dans le cadre du contrat bilatéral.

Des millions déjà versés, un solde contesté

Selon les autorités rwandaises, environ 276 millions d’euros ont déjà été versés par le Royaume-Uni dans le cadre de cet accord migratoire, pourtant jamais mis en œuvre. Kigali affirme qu’il resterait près de 57 millions d’euros à régler pour parvenir au solde de tout compte contractuel.

Considérant cette suspension comme une rupture abusive de contrat, le Rwanda a décidé de porter l’affaire devant la justice afin d’obtenir le versement de la somme restante. Les autorités rwandaises estiment avoir respecté leurs engagements et réclament le paiement intégral des montants convenus.

Des accusations lourdes autour du soutien au M23

En parallèle de ce litige financier, les relations entre Kigali et Londres se sont fortement dégradées en raison des accusations visant le Rwanda pour son soutien présumé au M23, un groupe rebelle actif dans l’est de la RDC.

Le M23 est sous sanctions européennes et américaines, accusé de graves violations des droits humains, notamment des exactions contre les civils et le pillage des ressources naturelles dans les provinces congolaises du Nord-Kivu. Le Royaume-Uni, à l’instar d’autres partenaires occidentaux, reproche au Rwanda d’apporter un appui logistique et militaire à ce mouvement armé, ce que Kigali dément régulièrement.

Un contexte géopolitique explosif

Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte régional et international particulièrement sensible. Le conflit à l’est de la RDC reste l’un des plus meurtriers du continent africain, et toute implication présumée d’un État voisin ravive les tensions diplomatiques.

Pour Londres, la suspension de l’accord migratoire et la pression exercée sur Kigali s’inscrivent dans une volonté de réorienter sa politique étrangère vers une approche davantage fondée sur le respect du droit international et des droits humains. Pour le Rwanda, cette affaire est perçue comme une injustice contractuelle et un acte politique motivé par des considérations géostratégiques.

Vers une bataille juridique et diplomatique prolongée ?

Alors que la justice devra trancher sur le volet financier du dossier, le contentieux entre le Rwanda et le Royaume-Uni dépasse largement la question migratoire. Il révèle les fragilités des partenariats internationaux construits sur des enjeux sécuritaires et migratoires, ainsi que les conséquences diplomatiques des conflits régionaux africains sur la scène mondiale.

La suite de cette affaire pourrait non seulement redéfinir les relations entre Kigali et Londres, mais aussi servir de précédent pour d’autres accords migratoires externalisés envisagés par des pays occidentaux.

LA REDACTION

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