La dégradation continue de la situation sécuritaire dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, a conduit à la suspension totale des activités pastorales de la paroisse catholique Saint Jean-Paul II de Masoyi, située en chefferie des Baswagha, dans le diocèse de Butembo-Beni.
Depuis dimanche 25 janvier, cette paroisse a cessé de fonctionner normalement. Les prêtres, agents pastoraux et fidèles ont été contraints de quitter la zone, face aux menaces répétées et aux attaques armées enregistrées dans plusieurs secteurs de la paroisse. Selon des sources ecclésiastiques locales, les sept secteurs pastoraux que compte la paroisse sont aujourd’hui touchés par l’insécurité, rendant toute activité religieuse impossible.
Joint par la presse, le curé de la paroisse, l’abbé Jonathan Willibrord, dresse un constat alarmant. Il affirme que plusieurs infrastructures religieuses ont été incendiées lors des récentes attaques, notamment le presbytère, la sacristie ainsi qu’une église sectorielle à Musenge. Il déplore également la profanation du tabernacle par les assaillants.
Ces violences, attribuées aux rebelles ADF, s’inscrivent dans une série d’attaques qui ciblent depuis plusieurs mois la chefferie des Baswagha et le secteur voisin des Bapere. À Musenge, Mavwe-Mavwe et Mausa, les incursions armées se sont multipliées ces dernières semaines, provoquant la mort de civils et le déplacement massif de la population.
Face à cette situation, les autorités ecclésiastiques estiment que la mission pastorale ne peut se poursuivre sans un minimum de garanties sécuritaires. Elles appellent les services de l’État à renforcer la protection des populations civiles afin de permettre la reprise des activités religieuses et sociales.
Au niveau local, la société civile et les structures de jeunesse montent également au créneau. À Mwenye, le Conseil local de la jeunesse, par la voix de son président Prince Kasyano, exige le déploiement urgent et permanent des éléments des FARDC dans la zone.
Cette structure demande en outre le retrait de tous les groupes armés locaux, communément appelés Wazalendo, accusés par certains habitants de semer la confusion et d’entretenir l’insécurité.
Malgré ce climat de peur et de désolation, l’abbé Jonathan Willibrord appelle les chrétiens déplacés à rester unis dans la foi et à garder espoir quant au retour de la paix dans la région.
Grace MAUA

