Face à la persistance de l’insécurité et à l’aggravation de la crise humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo, les Forces vives du Nord-Kivu appellent à une évaluation urgente et indépendante des opérations conjointes FARDC-UPDF, connues sous le nom d’opérations Shujaa, près de cinq ans après leur lancement.
Réunies mardi 4 fevrier 2026 à Beni, les organisations de la société civile ont dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire dans plusieurs territoires de la province, notamment Lubero et Beni, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut. Selon les Forces vives, les opérations Shujaa, censées neutraliser les groupes armés, n’ont pas encore permis de mettre fin aux violences récurrentes.
Elles dénoncent la poursuite des enlèvements de civils, assassinats ciblés, recrutements forcés, pillages et destructions de villages, des actes attribués principalement aux rebelles ADF ainsi qu’aux éléments du M23/AFC.
La société civile affirme qu’au moins 67 civils ont été tués depuis le début de l’année 2026 dans les territoires de Lubero et Beni, sans compter les nombreux déplacés internes contraints d’abandonner leurs foyers à cause des affrontements armés. « La population ne ressent toujours pas l’impact positif des opérations militaires. L’insécurité demeure et la situation humanitaire se détériore de jour en jour », ont souligné les participants à la rencontre.
Outre les pertes en vies humaines, les Forces vives alertent sur la précarité des conditions de vie des déplacés, confrontés au manque de nourriture, de soins de santé, d’abris et d’accès à l’éducation pour les enfants. Elles estiment que la réponse humanitaire reste largement insuffisante face à l’ampleur des besoins sur le terrain.
À l’issue de la réunion, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment :l’évaluation indépendante et transparente des opérations Shujaa, afin d’en mesurer l’efficacité réelle et d’identifier les failles ; le renforcement des capacités opérationnelles et logistiques des forces de sécurité congolaises ; l’intensification de l’assistance humanitaire en faveur des populations affectées ; une implication accrue des partenaires internationaux, tant sur le plan sécuritaire qu’humanitaire.
Dans ce contexte, une session de renforcement de l’engagement communautaire pour la paix est prévue du 4 au 5 février 2026 à Beni, avec l’appui de la MONUSCO. Cette rencontre vise à renforcer la collaboration entre les communautés locales, la société civile et les acteurs institutionnels en vue de promouvoir la paix et la protection des civils.
Les Forces vives espèrent que ces échanges déboucheront sur des actions concrètes, capables de restaurer la sécurité et la confiance des populations dans une région éprouvée par des années de conflits armés.
Grace MAUA
