Le tribunal militaire de garnison de Butembo, siégeant en matière répressive au premier degré à Manguredjipa, a condamné, vendredi 6 février 2026, le militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Likasu Zuzu Ngombi, à la peine de mort, assortie du paiement de 20 000 dollars américains à titre de dommages et intérêts, pour meurtre et viol.
La procédure judiciaire a été engagée en flagrance, à la suite de l’arrestation du prévenu sur les lieux présumés des faits. Le procès s’est tenu au centre de Manguredjipa, chef-lieu du secteur de Bapere, dans le cadre d’une audience foraine organisée par la justice militaire afin de rapprocher la justice des populations locales.
Selon le ministère public, les faits se sont déroulés au début de la semaine dans la zone agricole de Ntembe, en groupement Baredje, au sud de Manguredjipa. Le tribunal a établi que le militaire a commis des actes de viol suivis du meurtre d’une femme, mère de sept enfants. Il a été maîtrisé par ses compagnons d’armes avant d’être remis aux autorités judiciaires compétentes.
Statuant contradictoirement, le tribunal militaire a condamné le prévenu sur la base des dispositions pertinentes du Code pénal congolais, du Code de procédure pénale, ainsi que de l’ordonnance portant état de siège en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
La juridiction a également ordonné le versement de 20 000 dollars américains à la partie civile, représentant la famille de la victime, à titre de réparation. Le prévenu a été informé de son droit d’interjeter appel devant la Cour militaire du Nord-Kivu dans le délai légal de cinq jours.
Cette décision a été largement saluée par la population locale, qui y voit un signal fort dans la lutte contre l’impunité, y compris au sein des forces armées. Plusieurs habitants estiment que cette audience foraine constitue une étape importante dans le renforcement de l’État de droit dans une zone régulièrement affectée par l’insécurité.
De son côté, la société civile du secteur de Bapere a rappelé avoir plaidé pour l’arrestation rapide de l’auteur présumé et l’organisation d’une audience foraine, afin que justice soit rendue et que de tels actes ne se reproduisent plus, en particulier ceux portant atteinte à la dignité et aux droits des femmes.
Trésor Malonga


