En pleine session parlementaire de mars, le député national Joseph Nkoy Wembo a relancé le débat sur la question sensible de la modification de la Constitution en République démocratique du Congo.
Selon lui, le changement de la Constitution doit être considéré avant tout comme une option politique et non juridique.
Dans sa prise de position, l’élu affirme que le débat doit être cadré dans une perspective essentiellement politique, visant à définir les orientations majeures qui doivent guider l’avenir de la nation. D’après lui, les nombreuses interventions observées sur les réseaux sociaux ou dans certains milieux académiques tendent à aborder la question uniquement sous l’angle juridique, ce qui ne reflète pas la réalité du débat.
« Nous sommes face à une possibilité de choix politique », soutient-il, estimant que les discussions actuelles sont souvent alimentées par des analyses qu’il juge parfois approximatives ou aventureuses, qui négligent la dimension politique de la question constitutionnelle.
Une décision relevant du pouvoir politique
Pour Joseph Nkoy Wembo, toute modification de la Constitution relève avant tout d’une décision politique prise par ceux qui détiennent le pouvoir à un moment donné. Réduire ce débat à des arguments strictement juridiques reviendrait, selon lui, à ignorer le contexte socio-politique particulier que traverse la RDC.
Le parlementaire rappelle également que le président de la République est arrivé au pouvoir dans un environnement politique marqué par des pratiques qu’il qualifie de « politique du ventre », dominées par des intérêts personnels et des ambitions parfois éloignées des aspirations profondes du peuple congolais.
Dans ce contexte, explique-t-il, il appartient au chef de l’État, en tant que garant du fonctionnement harmonieux des institutions, y compris de la Constitution, d’ouvrir si nécessaire la réflexion sur une éventuelle réforme constitutionnelle.
Le peuple, arbitre final du débat
Le député souligne cependant que, dans une démocratie comme celle de la République démocratique du Congo, le pouvoir appartient avant tout au peuple. La Constitution du 18 février 2006, telle que modifiée à ce jour, stipule que tout pouvoir émane du peuple, lequel peut également l’exercer directement par voie de référendum.
Ainsi, même si l’opposition politique s’oppose à l’idée d’un changement constitutionnel — ce qui, selon lui, relève de son rôle normal dans un système démocratique la décision finale reviendrait au peuple congolais.
« In fine, c’est le peuple, arbitre suprême du jeu démocratique, qui devra trancher sur cette question essentielle », conclut-il.
LA REDACTION
