Les États-Unis ont accordé, le 6 mars 2026, une dérogation partielle à la Child Soldiers Prevention Act en faveur de la République démocratique du Congo, ouvrant la voie à la reprise de certains programmes de coopération militaire avec Kinshasa. L’information a été publiée dans le Federal Register, le journal officiel du gouvernement américain.
Cette décision marque une évolution importante dans les relations sécuritaires entre Washington et Kinshasa, avec pour objectif principal la professionnalisation de l’armée congolaise et la stabilisation de l’est de la RDC, toujours confronté à la présence de groupes armés.
Une loi américaine contre l’utilisation des enfants soldats
Adoptée en 2008, la Child Soldiers Prevention Act interdit toute assistance militaire américaine aux pays dont les forces armées ou les groupes affiliés utilisent des enfants soldats.
La République démocratique du Congo figure sur cette liste depuis 2010. Toutefois, plusieurs rapports ont fait état d’une réduction significative des cas au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), notamment depuis la mise en œuvre du plan d’action signé avec l’ONU en 2012 visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants dans les forces régulières.
Reprise de certains programmes militaires américains
Grâce à cette dérogation partielle, deux programmes de coopération peuvent désormais être appliqués :
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International Military Education and Training (IMET) : formation d’officiers et de sous-officiers congolais dans des écoles militaires américaines ;
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Peacekeeping Operations (PKO) Program : soutien aux capacités des forces congolaises dans les opérations de maintien de la paix.
En revanche, les ventes directes d’armes américaines restent exclues du dispositif.
Les intérêts stratégiques de Washington
Les États-Unis justifient cette décision par leur « intérêt national », mettant en avant la nécessité de renforcer les capacités de l’armée congolaise afin de sécuriser le territoire et de stabiliser une région stratégique.
L’est de la République démocratique du Congo possède en effet d’importantes ressources minières, notamment le cobalt et le cuivre, indispensables aux industries technologiques et à la transition énergétique mondiale.
Une décision saluée mais observée avec prudence
À Kinshasa, plusieurs responsables considèrent cette décision comme une reconnaissance des efforts réalisés par les autorités congolaises pour réformer le secteur de la sécurité.
Elle intervient également dans un contexte sécuritaire fragile, marqué par la présence persistante du mouvement rebelle M23 et d’autres groupes armés actifs dans l’est du pays.
Cependant, certaines organisations de défense des droits humains restent prudentes, soulignant que des milices locales affiliées continuent d’être pointées dans des rapports des Nations Unies.
Un contexte diplomatique actif autour de la sécurité de la RDC
Cette annonce intervient alors que le ministre congolais de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, effectue une visite officielle à Bruxelles pour discuter avec son homologue belge d’un renforcement de la coopération militaire entre la Belgique et la République démocratique du Congo.
Pour de nombreux observateurs, ces initiatives traduisent une volonté croissante des partenaires occidentaux de soutenir la stabilisation de la RDC, un pays central pour la sécurité régionale et l’approvisionnement mondial en minerais stratégiques.
Reste désormais à savoir si ces nouvelles initiatives permettront effectivement de bâtir une armée congolaise plus professionnelle et capable d’assurer durablement la sécurité dans l’est du pays.
LA REDACTION
