Six ans après la pose de la première pierre du bâtiment censé abriter l’Assemblée provinciale du Kasaï, le constat est amer : le chantier est à l’abandon, et l’institution continue de fonctionner dans des conditions précaires.
Aujourd’hui encore, les élus provinciaux sont contraints de louer des locaux appartenant à une église protestante, une situation qui interroge autant qu’elle inquiète.
Comment expliquer un tel retard dans la réalisation d’une infrastructure aussi stratégique pour la vie démocratique provinciale ? Plusieurs facteurs semblent se conjuguer. D’abord, les problèmes récurrents de financement : promesses budgétaires non tenues, décaissements irréguliers, voire inexistants, qui paralysent l’avancement des travaux. Ensuite, les soupçons de mauvaise gestion et de manque de suivi technique alimentent l’idée d’un projet mal encadré dès le départ.
À cela s’ajoute une absence criante de volonté politique. Car au-delà des contraintes financières, un projet de cette envergure nécessite une impulsion constante des autorités provinciales et nationales. Or, le silence et l’inaction observés ces dernières années laissent penser que ce dossier n’est pas une priorité.
Le cas de l’Assemblée provinciale du Kasaï dépasse la simple question d’infrastructure. Il révèle un dysfonctionnement plus profond dans la gestion des projets publics et dans la considération accordée aux institutions locales. Une province sans siège digne pour son organe délibérant envoie un signal négatif sur l’état de sa gouvernance.
Il est urgent que les autorités compétentes sortent de leur réserve et apportent des réponses claires : où en est réellement ce projet ? Quels sont les obstacles concrets ? Et surtout, quelles mesures seront prises pour relancer les travaux et les mener à terme ?
Le Kasaï mérite mieux qu’un chantier abandonné. Il mérite des institutions fortes, respectées et dotées des moyens nécessaires à leur fonctionnement. Faute de quoi, ce bâtiment inachevé continuera de symboliser, aux yeux des citoyens, l’échec d’une promesse de développement longtemps attendue.
Nestor ilo
