La Société Civile du Congo (SOCICO), coordination provinciale du Nord-Kivu, a salué l’annonce du retrait des troupes sud-africaines de la MONUSCO, après plus de 27 années de présence en République démocratique du Congo.
Dans un communiqué officiel ce lundi 16 fevrier 2026, Amani Kasiki Étienne, président provincial de la SOCICO Nord-Kivu, a qualifié cette décision d’« acte de responsabilité et de lucidité politique » de la part de l’Afrique du Sud. Selon lui, cette initiative reflète une évaluation objective du bilan de la mission onusienne, dont l’efficacité dans l’Est du pays a été limitée.
Pour la SOCICO, malgré les moyens humains, matériels et financiers importants mobilisés par la MONUSCO, la mission a échoué à remplir ses missions essentielles, notamment la protection des civils face aux attaques des ADF et autres groupes armés, la pacification des zones en conflit, le maintien de la paix et la stabilisation durable des provinces de l’Est. Les massacres récurrents, les déplacements massifs de populations et la prolifération des groupes armés témoignent de cette inefficacité.
L’organisation interpelle la MONUSCO pour qu’elle considère ce retrait comme un signal d’alerte et un moment d’auto-évaluation sur son rôle dans la région. Elle exhorte également le gouvernement congolais à assumer pleinement ses responsabilités en renforçant et professionnalisant ses services de sécurité, avec des moyens humains, logistiques et financiers conséquents, afin de garantir la sécurité nationale sans dépendre excessivement des forces étrangères.
Le 7 février, l’Afrique du Sud a annoncé le retrait progressif de ses militaires engagés au sein de la MONUSCO.
Environ 700 soldats sud-africains, sur un total de 12 500 casques bleus, seront rapatriés avant la fin de l’année. Selon la présidence sud-africaine, cette décision vise à réajuster et consolider les ressources des forces nationales après vingt-sept années d’engagement dans les opérations de maintien de la paix en RDC. Le Président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a officiellement informé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, de cette décision.
Cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’est de la RDC, où les violences persistent depuis près de trente ans.
Depuis fin 2021, le groupe armé M23 a repris le contrôle de plusieurs zones stratégiques, dont Goma et Bukavu, entraînant de lourds combats et une instabilité durable dans les régions frontalières avec le Rwanda, riches en ressources minières. Le groupe a récemment revendiqué une attaque de drones contre l’aéroport de Kisangani, loin de ses bastions habituels.
Le retrait sud-africain fait également suite à la pression de l’opinion publique après la mort de quatorze soldats en janvier 2025, dont plusieurs appartenaient à la force régionale de la SADC, la SAMIRDC, précédemment déployée dans l’est du Congo. Début 2025, la SADC avait mis fin au mandat de cette force, jugée incapable de contenir l’avancée du M23.
Malgré ce retrait, Pretoria affirme qu’elle continuera à soutenir les efforts multilatéraux destinés à instaurer une paix durable en RDC. De son côté, l’ONU prépare un nouveau déploiement pour appuyer un cessez-le-feu présenté comme permanent, dans la continuité des accords signés entre Kinshasa et le M23, ainsi qu’entre la RDC et le Rwanda, même si les combats se poursuivent sur le terrain.
Grace MAUA
