Réunie ce vendredi 23 janvier 2026 au Palais de la Nation à Kinshasa, sous la présidence de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, la 75ᵉ réunion ordinaire du Conseil des Ministres a consacré un point stratégique au secteur de la justice.
En ligne de mire : la situation préoccupante du Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), dossier emblématique de la lutte contre l’impunité et les malversations financières.
Présenté par le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, ce point a été restitué à l’opinion publique par le Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, lors du compte rendu officiel diffusé en direct sur la RTNC.
Restaurer l’autorité de l’État et protéger les vraies victimes
Dans sa communication au Conseil, le Ministre d’État à la Justice a dressé un état des lieux sans concession du FRIVAO, marqué par une crise de gouvernance, des dérives financières et des tentatives d’instrumentalisation politique locale.
Selon Patrick Muyaya, « le Ministre d’État a rappelé que depuis la mi-novembre, des consultations approfondies ont été menées avec les parties prenantes à différents niveaux pour éviter l’effondrement total de l’institution ».
Ces échanges ont permis de poser des actes immédiats et correctifs, notamment la levée, en décembre 2025, de la suspension du comité de coordination du FRIVAO afin de rétablir un minimum de gouvernance et sortir d’un blocage institutionnel dangereux.
Assainissement financier et tolérance zéro contre les fraudes
Dans la droite ligne de la vision portée par Guillaume Ngefa, les premières mesures ont visé l’assainissement interne : « Les arriérés de salaires, de loyers et de charges administratives ont été réglés pour préserver la continuité de l’outil administratif », a précisé le Porte-parole du Gouvernement.
Mais au-delà du sauvetage administratif, le cœur de l’action reste la lutte contre l’impunité. Une injonction formelle a été adressée au Procureur général près la Cour de cassation pour l’ouverture d’enquêtes ciblant les fausses victimes, les réseaux d’extorsion et les détournements présumés. Pour Patrick Muyaya, « il s’agit de protéger les véritables victimes et de réaffirmer l’autorité de l’État là où elle a été mise à mal ».
Des dérives massives mises à nu par Guillaume Ngefa
Les constats présentés au Conseil sont édifiants : explosion incontrôlée du nombre de victimes, de près de 3 000 victimes certifiées à plus de 14 000, voire 16 000 pour la seule ville de Kisangani, pratiques de fraude, manipulations et pressions politiques locales avérées. À cela s’ajoute une confusion entretenue entre les indemnisations judiciaires dues aux victimes et des attentes sociales plus larges, allant jusqu’à l’utilisation abusive des fonds pour le fonctionnement courant du FRIVAO.
La dégradation de la sécurité physique des mandataires et du personnel à Kisangani a également été signalée, soulignant l’urgence d’une reprise en main de l’État.
Une vision claire : crédibilité, transparence et justice effective
Face à cette situation, le Ministre d’État à la Justice a défendu des décisions urgentes visant à restaurer la crédibilité, la transparence et l’efficacité du FRIVAO, conformément à sa mission première : réparer les préjudices subis par les victimes des activités illicites de l’Ouganda sur le territoire national, principalement dans l’ex-province de la Tshopo.
Comme l’a résumé Patrick Muyaya, « le Gouvernement est déterminé à mettre fin aux dérives, à assainir les mécanismes de réparation et à faire de la justice un levier réel de redevabilité et de cohésion nationale ».
La réunion du Conseil des Ministres, entamée à 14h20, s’est clôturée à 16h15, confirmant que la justice demeure l’un des piliers centraux de l’action gouvernementale sous l’impulsion du Président de la République et de son Gouvernement portée par son Ministre à la justice Guillaume Ngefa.
LA REDACTION
