La progression du ravin qui balafre le quartier Kamuandu continue de faire des victimes et d’isoler des familles entières.
Ce jeudi 19 février 2026, lors d’un vox pop organisé par notre rédaction, des jeunes du quartier ont exprimé leur exaspération face à l’inaction des autorités provinciales ils pointent directement la responsabilité du gouverneur du Kasaï Central, Joseph-Moïse Kambulu, qu’ils accusent d’” incompétence ” dans la gestion de cette crise environnementale et humanitaire.
”Nous sommes fatigués, trop c’est trop. Le gouverneur a visité ce ravin à plusieurs reprises alors qu’il était encore loin des habitations aujour d’hui, nous n’avons plus de passage libre. Des femmes enceintes y tombent et meurent, nos enfants se fracturent les membres et certains perdent la vie. Il devient même difficile d’accéder au cimetière ”, ont déclaré plusieurs intervenants.
Un ravin devenu piège mortel
Au fil des saisons pluvieuses, l’érosion s’est intensifiée, grignotant les parcelles et menaçant directement des habitations. Les riverains décrivent un quotidien rythmé par la peur : accès impraticables, routes coupées, évacuations médicales compliquées et risques permanents d’éboulement.
Des maisons, construites à proximité immédiate du ravin, se retrouvent aujourd’hui fragilisées par l’instabilité du sol. À chaque forte pluie, la profondeur et la largeur de la faille augmentent, accentuant la vulnérabilité des habitants.
« Des promesses sans suite »
Selon les jeunes rencontrés, plusieurs visites officielles ont été effectuées par les autorités provinciales ces dernières années. Mais aucune solution durable travaux de stabilisation, canalisation des eaux, relogement des familles à risque n’aurait été engagée.
« Le jour où le gouverneur osera venir à Kamuandu, l’histoire retiendra sa responsabilité. Nous vivons avec la peur que nos maisons soient englouties. Lui a une sécurité, mais nous, qui nous protège ? », ont-ils ajouté.
Des revendications claires
Les jeunes de Kamuandu exigent notamment :
La mise en place urgente de travaux de lutte anti-érosive (caniveaux, murs de soutènement, drainage des eaux pluviales) ;
L’assistance humanitaire aux familles déjà affectées ;
Un plan de relogement pour les ménages vivant dans la zone à haut risque ;
La transparence sur les fonds éventuellement alloués à la gestion des catastrophes naturelles dans la province.
Pour ces habitants, la situation dépasse désormais le simple cadre environnemental : elle relève d’une urgence sécuritaire et sanitaire. Sans intervention rapide, préviennent-ils, le ravin de Kamuandu pourrait continuer à engloutir non seulement des maisons, mais aussi des vies humaines.
Nestor ilo


