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Lubero : la SOCICO dénonce des tracasseries et atteintes aux droits humains attribuées à certains Wazalendo

by Zionnews
La SOCICO Nord-Kivu dénonce des tracasseries et violations des droits humains attribuées à certains Wazalendo à Lubero et appelle à des enquêtes.

La Coordination provinciale de la Société Civile du Congo (SOCICO) – Nord-Kivu tire la sonnette d’alarme sur la dégradation du climat de confiance entre la population civile et certains éléments armés se réclamant des Wazalendo dans le territoire de Lubero et plus largement dans le Grand Nord-Kivu.

Dans une déclaration signée par Amani Kasiki Etienne, coordonnateur provincial de la SOCICO Nord-Kivu, l’organisation reconnaît le rôle joué par des éléments engagés aux côtés des FARDC dans la défense du territoire national. Elle rappelle toutefois que cette mission doit s’exercer dans le respect des lois de la République, de la vie humaine et des droits fondamentaux.

Des barrières et des sommes d’argent réclamées à la population

Selon les informations et témoignages recueillis par la SOCICO auprès de la population, certains éléments se réclamant Wazalendo seraient impliqués dans l’installation de barrières illégales et dans des actes de tracasserie.

L’organisation fait notamment état de sommes d’argent qui seraient exigées aux usagers, avec des montants variant notamment entre 3 000 et 10 000 francs congolais, sans base légale ni délivrance de quittance.

La SOCICO rapporte également des cas présumés d’arrestations, d’interrogatoires et d’imposition d’amendes, alors que ces prérogatives relèvent normalement des autorités légalement habilitées.

Des accusations de violences et de torture

La société civile fait également état d’allégations de violences physiques, de tortures et de traitements cruels, inhumains ou dégradants qui seraient imputables à certains éléments armés.

Elle évoque par ailleurs une circulation jugée préoccupante d’armes à feu dans certaines agglomérations, cités et villages du territoire de Lubero.

Certaines allégations concernent également des cas de décès et d’assassinats, notamment à Lukanga, ainsi que le décès d’un habitant de Vukaka, présenté comme étant survenu après des faits présumés de torture à Musimba.

La SOCICO souligne cependant que ces accusations doivent être vérifiées par des enquêtes sérieuses, indépendantes et impartiales, afin d’établir les faits et les responsabilités éventuelles.

La SOCICO appelle à préserver la confiance entre population et Wazalendo

Pour la Coordination provinciale de la Société Civile du Congo, la défense du territoire national ne peut être dissociée du respect de la vie humaine, de la dignité et des lois de la République.

La population du Grand Nord-Kivu, déjà durement affectée par les conflits armés, ne devrait pas être exposée à de nouvelles formes de violence, d’extorsion ou d’arbitraire.

La SOCICO estime que des mesures doivent être prises afin d’éviter une détérioration davantage du climat de confiance entre les Wazalendo et les populations civiles.

Les recommandations de la SOCICO au gouvernement provincial

Face à cette situation, la SOCICO Nord-Kivu demande au gouvernement provincial notamment de :

  • mettre fin aux barrières illégales, tracasseries et extorsions ;
  • renforcer l’encadrement et la discipline des éléments armés opérant aux côtés des FARDC ;
  • contrôler la circulation et le port des armes dans les zones civiles ;
  • diligenter des enquêtes sur les cas présumés de torture, d’assassinats et d’autres violations des droits humains ;
  • assurer la protection des victimes et des témoins.

Des recommandations adressées au gouvernement central

La société civile demande également au gouvernement central de renforcer l’identification et l’encadrement des différents groupes et éléments se réclamant Wazalendo.

Elle recommande notamment leur formation en matière de discipline, de droit humanitaire et de droits humains, ainsi que la mise en place d’une chaîne de commandement claire.

La SOCICO demande enfin que tout élément reconnu coupable d’exactions puisse être sanctionné conformément à la législation en vigueur.

La population appelée à privilégier les voies légales

La SOCICO invite également la population à dénoncer les abus auprès des autorités compétentes et des organisations de la société civile.

Elle appelle les habitants à privilégier les voies légales et pacifiques et à rejeter toute forme de violence, de représailles ou de justice populaire.

« La population civile doit être protégée et non intimidée »

Dans son appel à la responsabilité, la SOCICO Nord-Kivu demande à tous les acteurs sécuritaires et aux éléments armés présents dans la région de faire preuve de discipline, de retenue et de responsabilité.

Pour l’organisation, la défense de la patrie doit aller de pair avec le respect de la vie humaine, de la dignité et des droits fondamentaux.

Cette déclaration intervient alors que la situation sécuritaire dans le Grand Nord-Kivu demeure particulièrement sensible, faisant de la protection des civils et du respect des droits humains un enjeu majeur pour les autorités et les acteurs présents sur le terrain.

Amani Kasiki Etienne
Coordonnateur provincial de la Société Civile du Congo (SOCICO) – Nord-Kivu

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