La recrudescence des attaques attribuées aux rebelles ADF dans le groupement Mwenye, en zone de santé de Biena, territoire de Lubero au Nord-Kivu, a provoqué la fermeture de cinq centres de santé ainsi que de plusieurs postes de santé, aggravant la crise humanitaire dans cette zone.
Selon Muhindo Mudekwa Jérémie, infirmier responsable du centre de santé de Ngubi, cette décision fait suite à la multiplication des incursions armées dans les villages du groupement Mwenye. « En l’espace de deux semaines, plus de 21 civils ont été tués.
Le personnel soignant et les malades ont été contraints de fuir pour sauver leurs vies », explique-t-il. Il précise que la reprise des activités sanitaires dépendra exclusivement du rétablissement de la sécurité.Les structures sanitaires concernées sont notamment les centres de santé de Mausa, Pombi, Mandelya, Musenge, ainsi que le Centre de Santé de Référence de Masoya.
Leur fermeture prive la population de l’accès aux soins de santé de base, notamment les femmes enceintes, les enfants et les personnes vulnérables.
Outre le secteur de la santé, l’insécurité affecte également les activités socioéconomiques dans l’ensemble du groupement Mwenye. Les marchés, écoles et autres services communautaires fonctionnent au ralenti, tandis que de nombreuses familles se déplacent vers des zones jugées plus sûres.
De son côté, Vianney Kitswamba, président du Comité de protection civile de Baswagha, alerte sur une possible aggravation de la situation humanitaire. Il indique que plusieurs habitants abandonnent leurs biens pour fuir l’insécurité.
« Si rien n’est fait rapidement, la situation risque de devenir incontrôlable », avertit-il, tout en appelant les autorités compétentes à renforcer urgemment la sécurité afin de protéger les civils.
La population du groupement Mwenye continue de vivre dans la peur, dans un contexte marqué par l’absence de soins de santé et l’insécurité persistante.
Grace MAUA
