Un crime d’une extrême gravité a été enregistré à Ntembe, une zone agricole située au sud de Manguredjipa, dans le secteur des Bapere, territoire de Lubero au Nord-Kivu.
Une mère de famille a été violée puis sauvagement tuée à la machette par un homme armé, vêtu d’une tenue militaire. Selon la société civile locale, par la voix de son président Kagheni Samuel, les faits se sont déroulés dans l’après-midi du mardi 3 février 2026.
Le présumé auteur du crime aurait d’abord enfermé les enfants de la victime dans une cabane, avant de violer leur mère puis de l’exécuter. Le corps sans vie de la victime a ensuite été retrouvé dans la brousse, non loin de son domicile. L’agresseur a pris la fuite et demeure introuvable jusqu’à présent.
Ce drame a provoqué une onde de choc au sein de la population locale et ravivé les craintes liées à l’insécurité persistante dans cette partie du territoire de Lubero. La société civile du secteur des Bapere condamne fermement cet acte qu’elle qualifie de crime odieux, portant gravement atteinte à la dignité humaine et aux droits fondamentaux des femmes.
Kagheni Samuel dénonce également le fait que ce crime ait été commis dans une zone censée être sous la protection des forces de sécurité et des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Il appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à ouvrir immédiatement une enquête sérieuse et indépendante, afin d’identifier l’auteur de ce viol suivi de meurtre et de le traduire en justice, notamment à travers l’organisation d’une audience foraine.
La société civile insiste sur la nécessité de mettre fin à l’impunité, qu’elle considère comme l’un des principaux facteurs de la recrudescence des violences sexuelles et des assassinats de civils, en particulier des femmes, dans les zones rurales en proie à l’insécurité. Elle exhorte par ailleurs la population à la vigilance et à une collaboration étroite avec les services de sécurité, notamment par la dénonciation de tout comportement suspect.
Ce nouveau cas de viol et de meurtre remet au centre du débat la question de la protection des civils en milieu rural. Manguredjipa et ses environs restent confrontés à une insécurité persistante, aggravée par les attaques répétées des rebelles ADF et la présence de plusieurs groupes armés. Des acteurs locaux estiment que de nombreux cas de violences sexuelles demeurent encore sous silence, faute de protection suffisante et de mécanismes judiciaires efficaces.
Grace MAUA
