À l’occasion de l’arrivée, le week-end dernier, du président de l’Assemblée nationale à Oicha, la coordination de la société civile du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, lui a officiellement remis un rapport dressant un tableau sombre de la situation sécuritaire dans la région.
Dans ce document de plus de 65 pages, cette structure citoyenne déplore la persistance des attaques armées dans plusieurs agglomérations ainsi que l’augmentation du nombre de civils tués ou portés disparus. Elle affirme que, malgré les dispositifs sécuritaires en place, les rebelles des ADF continuent de frapper les populations, entretenant un climat de peur permanent.
Richard Kirimba, premier vice-président de la société civile du territoire de Beni, a dénoncé l’inaction de certaines unités des FARDC sur le terrain, accusées de laisser les opérations de traque aux forces ougandaises de l’UPDF.
Selon lui, cette situation permet aux assaillants de poursuivre leurs incursions meurtrières contre les civils. Le rapport pointe également plusieurs facteurs expliquant l’activisme des groupes armés, notamment le retard dans la relève des troupes, l’insuffisance des effectifs militaires et le manque de moyens de mobilité rapide pour intervenir dans les zones reculées. La dégradation avancée de nombreuses routes complique aussi les opérations militaires.
Face à cette situation, la société civile recommande des opérations de grande envergure contre les positions des ADF, la dotation des FARDC en équipements modernes notamment des drones de combat et des avions de chasse ainsi que des sanctions contre les commandants militaires qui n’interviennent pas lors des attaques dans leurs zones de responsabilité.
La société civile appelle les autorités nationales à prendre des mesures urgentes afin d’inverser la tendance et de restaurer la sécurité pour les populations locales.
Cette alerte intervient alors que les territoires de Beni et de Lubero subissent depuis plusieurs années des violences récurrentes attribuées aux ADF. Début février 2026, de nouvelles attaques ont encore fait des morts et d’importants dégâts matériels dans plusieurs villages du territoire de Beni, illustrant la persistance de l’insécurité dans la zone.
Grace MAUA

