Alors que les massacres de civils s’intensifient dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, un prêtre catholique a profité de la visite du président de l’Assemblée nationale à Butembo pour exprimer sa colère et son désarroi face à la situation sécuritaire.
Il s’agit de l’abbé Moïse KANDUKI, vicaire à la paroisse cathédrale de Butembo. Dimanche 22 février 2026, après la première messe dominicale célébrée en la cathédrale du diocèse de Butembo-Beni, à laquelle a pris part le président de la chambre basse du Parlement, le prêtre l’a rencontré au presbytère.
Assis dans sa chaise roulante, l’abbé KANDUKI a tenu à illustrer le drame vécu par les populations à travers des images montrant des victimes des violences. « Nous en avons marre », a-t-il lancé, dénonçant l’incapacité des autorités à mettre fin aux tueries dans la région, malgré l’état de siège en vigueur.
Le vicaire a également plaidé pour un renforcement des mécanismes d’autodéfense locale et, de manière controversée, pour la dotation d’armes aux civils afin de faire face aux rebelles ADF. « N’y a-t-il pas moyen de lui donner tous les moyens et une mission spéciale uniquement pour le phénomène ADF ? Donnez-nous des armes, des munitions et nous mettrons fin à cette guerre », a-t-il déclaré.
En réaction, le président de l’Assemblée nationale a rassuré que le gouvernement demeure déterminé à restaurer la paix dans l’Est du pays. Il a appelé la population à soutenir les efforts des forces de défense et de sécurité engagées sur le terrain pour neutraliser les groupes armés et ramener la stabilité.
Cette intervention inhabituelle d’un responsable religieux traduit l’exaspération grandissante des communautés locales face à la persistance de l’insécurité dans la région.
Grace MAUA
