Alors qu’il accomplissait son devoir civique lors du scrutin présidentiel, Robert Kyagulanyi, candidat à la présidentielle du National Unity Platform (NUP), plus connu sous le nom de Bobi Wine, a vivement condamné la coupure d’internet imposée à l’échelle nationale, la qualifiant de manœuvre délibérée visant à priver les Ougandais d’informations essentielles.
Une coupure d’internet dénoncée
S’exprimant devant la presse après avoir voté, Robert Kyagulanyi a accusé les autorités de vouloir entraver la transparence du processus électoral.
« C’est une tentative délibérée de maintenir les Ougandais dans l’obscurité », a-t-il déclaré, estimant qu’une telle mesure est incompatible avec les principes démocratiques.
La suspension de l’accès à internet et aux réseaux sociaux affecte fortement les médias, les observateurs électoraux, les acteurs économiques ainsi que les citoyens désireux de suivre le déroulement du scrutin en temps réel.
Inquiétude autour de l’arrestation de Jolly Jacklyn Tukamushaba
Le candidat du NUP a également exprimé sa vive préoccupation concernant l’« arrestation » présumée de Jolly Jacklyn Tukamushaba, vice-présidente du NUP pour l’Ouest de l’Ouganda. Selon Robert Kyagulanyi, cette dernière aurait été interpellée par les forces de sécurité puis conduite vers une caserne militaire à bord d’un véhicule militaire de type “drone”.
« Nos responsables politiques sont arrêtés et emmenés dans des installations militaires sans aucune explication », a-t-il dénoncé, parlant d’une stratégie d’intimidation contre l’opposition.
À l’heure de la rédaction, aucune communication officielle des autorités sécuritaires n’avait confirmé ou infirmé ces informations, et le lieu exact de détention de la responsable politique restait inconnu.
Un climat de tension politique
Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques, d’arrestations arbitraires et de militarisation du processus électoral, régulièrement dénoncées par l’opposition ougandaise. Les partisans du NUP estiment que ces pratiques instaurent un climat de peur susceptible d’influencer la participation des électeurs et la crédibilité du scrutin.
Des analystes politiques soulignent que la présence massive des forces de sécurité et la restriction des communications pourraient affaiblir la confiance du public dans les résultats électoraux.
Appels au respect des principes démocratiques
Robert Kyagulanyi a appelé les observateurs régionaux et internationaux à suivre de près l’évolution de la situation, insistant sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales.
« Le peuple ougandais mérite un processus électoral transparent, sans intimidation, sans violence et sans censure », a-t-il déclaré.
Plusieurs organisations de défense des droits humains demandent également le rétablissement immédiat de l’accès à internet, la clarification du sort des responsables politiques arrêtés et le respect de l’État de droit.
Un tournant pour la démocratie ougandaise
Alors que le vote se poursuit, la coupure d’internet et les informations faisant état d’arrestations de figures de l’opposition attirent une attention accrue au niveau régional et international. La gestion de ces événements pourrait avoir des conséquences durables sur la démocratie et la stabilité politique de l’Ouganda.
JOSHMISHUMBI
