Le professeur Albert Kabengele affirme qu’il ne faut pas parler d’élections en 2028 tant que le pays est en guerre. Il compare la situation congolaise à celle de l’Ukraine.
le débat sur les élections de 2028 relancé par Albert Kabengele
La question des élections présidentielles de 2028 en République démocratique du Congo (RDC) continue de susciter de vives réactions dans l’opinion publique. Cette fois, c’est le professeur Albert Kabengele, également connu sous le nom d’Albert Kabasele Yenga Yenga, Directeur général de l’ISPT, qui a jeté un pavé dans la mare avec une déclaration sans équivoque.
« Tant que Paul Kagame est à Kigali, nous devons garder Félix Tshisekedi à Kinshasa », a-t-il affirmé.
Une sortie médiatique qui relance le débat sur la priorité entre sécurité nationale et processus électoral dans un pays confronté à une guerre persistante à l’Est.
« Il ne faut plus penser aux élections » : une position assumée
Pour le professeur Albert Kabengele, la question des élections ne devrait plus être au centre des préoccupations actuelles en RDC. Selon lui, le pays traverse une situation exceptionnelle marquée par l’insécurité, les conflits armés et les menaces extérieures.
« Il ne faut plus penser aux élections. Est-ce qu’il y a un projet d’élections en Ukraine ? », interroge-t-il.
Par cette comparaison, il assimile la RDC à un pays en guerre, estimant que l’organisation d’élections dans un tel contexte serait irréaliste, voire irresponsable.
La guerre à l’Est de la RDC au cœur de l’argumentaire
Depuis plusieurs années, l’Est de la RDC est en proie à des violences armées, notamment avec la résurgence du M23, un groupe rebelle souvent accusé d’être soutenu par le Rwanda de Paul Kagame. Cette situation sécuritaire dégradée constitue, selon Albert Kabengele, un obstacle majeur à toute perspective électorale crédible.
Pour lui, la priorité absolue doit rester :
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la défense de l’intégrité territoriale,
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la stabilisation du pays,
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et la protection de la souveraineté nationale.
Dans cette logique, maintenir Félix Tshisekedi à la tête de l’État serait, selon ses propos, une nécessité stratégique tant que la menace extérieure persiste.
Félix Tshisekedi et la continuité du pouvoir : nécessité ou dérive ?
La déclaration du professeur Kabengele ne manque pas de provoquer des réactions contrastées. D’un côté, certains soutiennent l’idée qu’un État en guerre doit privilégier la continuité du commandement pour éviter le chaos institutionnel. De l’autre, ses propos soulèvent des inquiétudes sur le respect de la Constitution et du principe de l’alternance démocratique.
Pour ses détracteurs, comparer la RDC à l’Ukraine ne justifierait pas automatiquement la suspension ou le report indéfini des élections, d’autant plus que la Constitution congolaise fixe clairement les mandats présidentiels.
Élections en RDC : un débat loin d’être clos
La sortie médiatique d’Albert Kabengele intervient dans un contexte politique tendu, où la question de 2028 commence déjà à polariser les débats. Si aucune décision officielle n’a été prise concernant un éventuel report des élections, ce type de déclaration contribue à préparer l’opinion à l’idée d’un scénario exceptionnel.
Une chose est sûre : la problématique des élections en RDC ne peut être dissociée de la situation sécuritaire régionale, notamment des relations tendues entre Kinshasa et Kigali.
sécurité nationale ou démocratie électorale ?
En affirmant qu’il ne faut « pas penser aux élections » tant que la guerre persiste, le professeur Albert Kabengele pose une question fondamentale : un pays en guerre peut-il organiser des élections crédibles et inclusives ?
Entre impératif sécuritaire et exigences démocratiques, la RDC se trouve à la croisée des chemins. Le débat est ouvert, et les prochaines années s’annoncent décisives pour l’avenir politique du pays.
JOSHMISHUMBI
