L’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo a vivement critiqué la procédure judiciaire dont il fait l’objet, dénonçant ce qu’il qualifie de « jugement tribalo-ethnique ». Cette déclaration a été rendue publique à travers une prise de parole largement relayée sur les réseaux sociaux.
Selon Matata Ponyo, l’ensemble des magistrats ayant statué sur son dossier appartiendraient à une même aire tribale que celle du Président de la République, une situation qu’il juge inacceptable dans un pays aussi diversifié que la République démocratique du Congo.
« Un jugement tribalo-ethnique », selon Matata Ponyo
« Imaginez-vous que je n’ai été jugé que par des gens qui appartiennent à une tribu du président de la République. Le premier juge était du Kasaï-, le deuxième juge aussi, et le juge de la Cour de cassation où le dossier a été transféré était également du Kasaï- », a-t-il déclaré.
Pour l’ancien chef du gouvernement, cette configuration remet en cause le principe fondamental de l’impartialité de la justice, d’autant plus que la RDC compte, selon lui, plus de 450 tribus.
« Comment est-ce que, dans un pays où il y a plus de 450 tribus, un ancien Premier ministre peut être jugé uniquement par des juges issus d’une même communauté liée au Président de la République ? », s’est-il interrogé.
Une sortie qui relance le débat sur l’indépendance de la justice
Ces propos interviennent dans un contexte où la question de l’indépendance du pouvoir judiciaire et de la neutralité des institutions reste au cœur du débat public en RDC. La sortie de Matata Ponyo suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion, entre partisans dénonçant une justice politisée et voix appelant au respect des décisions judiciaires.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités judiciaires concernées à propos de ces accusations.
Un dossier à forte portée politique
Le dossier judiciaire impliquant l’ancien Premier ministre continue ainsi d’alimenter les discussions politiques et juridiques, dans un pays où les enjeux liés à la gouvernance, à la justice et à la cohésion nationale demeurent sensibles.
LA REDACTION
