La guerre dans l’est de la République démocratique du Congo prend une dimension économique de plus en plus marquée. Selon un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group de l’Université de New York, la rébellion de l’AFC/M23 tirerait environ 10 millions de dollars par mois de l’exploitation des territoires sous son contrôle.
Une économie de guerre structurée autour des minerais
D’après ce rapport, cette manne financière repose principalement sur la prise de contrôle de 45 sites miniers situés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis septembre 2025.
Ces zones produisent des minerais stratégiques tels que :
- Le coltan (utilisé dans l’industrie électronique)
- La cassitérite (minerai d’étain)
- L’or
À ces revenus s’ajoutent également :
- Les taxes imposées aux commerçants locaux
- Les recettes douanières perçues aux postes-frontières contrôlés
Cette structuration démontre l’existence d’une véritable économie parallèle dans les zones occupées.
Le rôle central du Rwanda dans les circuits d’exportation
Le Rwanda apparaît comme le principal débouché des minerais extraits dans ces territoires. Selon des données commerciales internationales, le pays a exporté près de quatre fois plus de tantale au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024.
Une hausse que l’ITSCI attribue notamment à la prise du site stratégique de Rubaya par la rébellion de l’AFC/M23.
Explosion des exportations d’or rwandaises
Le rapport souligne également une augmentation spectaculaire des exportations d’or du Rwanda, qui ont atteint 1,5 milliard de dollars en 2024, soit le double de l’année précédente.
Ce chiffre contraste fortement avec la production nationale officielle, estimée à environ 350 kilogrammes par an, selon le Fonds monétaire international et la plateforme CEIC.
Des circuits financiers parallèles sous sanctions
Privée d’accès aux systèmes bancaires internationaux en raison des sanctions, la rébellion de l’AFC/M23 aurait développé ses propres circuits financiers et fiscaux.
Ce système autonome renforcerait la dépendance économique des zones sous contrôle rebelle vis-à-vis du Rwanda, dont la présence commerciale s’étend progressivement jusqu’à Goma, notamment dans les secteurs de la grande distribution et de l’immobilier.
Une pression accrue sur Kinshasa
Ces révélations mettent en lumière les enjeux économiques du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. Elles renforcent également la pression sur les autorités de Kinshasa pour reprendre le contrôle des zones minières stratégiques et assécher les sources de financement des groupes armés.
JOSHMISHUMBI

