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RDC : l’AFC/M23 ouvre la porte à des discussions sur la réouverture de l’aéroport de Goma

Contexte sécuritaire, tensions diplomatiques et enjeux humanitaires au cœur du débat

by Zionnews
À Goma, Corneille Nangaa affirme que l’AFC/M23 est favorable à la réouverture de l’aéroport international, fermé depuis janvier 2025. Une déclaration qui intervient dans un contexte diplomatique tendu, marqué par des pressions internationales et des enjeux humanitaires majeurs dans l’est de la République démocratique du Congo.

À Goma, Corneille Nangaa affirme que l’AFC/M23 est favorable à la réouverture de l’aéroport international, fermé depuis janvier 2025. Une déclaration qui intervient dans un contexte diplomatique tendu, marqué par des pressions internationales et des enjeux humanitaires majeurs dans l’est de la République démocratique du Congo.

Aéroport de Goma : une infrastructure stratégique au cœur des tensions

Fermé depuis la prise de Goma par l’AFC/M23 fin janvier 2025, l’aéroport international de la ville reste un point névralgique pour l’acheminement de l’aide humanitaire et la mobilité dans le Nord-Kivu. Accusé par la communauté internationale de bloquer sa réouverture, le mouvement rebelle cherche désormais à infléchir cette perception.

Le 20 février, à Goma, Corneille Nangaa a déclaré, devant la commissaire européenne Hadja Lahbib puis face à la presse, que son mouvement figurait parmi les « premiers demandeurs » de la réouverture de l’aéroport.

Des contraintes sécuritaires et administratives mises en avant

Selon le coordonnateur politique de l’AFC/M23, la fermeture prolongée ne relèverait pas d’une décision politique, mais de contraintes « sécuritaires, techniques et surtout administratives ». Il a par ailleurs critiqué les partenaires internationaux, qu’il accuse de s’adresser à des capitales extérieures telles que Paris, Kinshasa ou Kigali, alors que, selon lui, les autorités effectives sur le terrain se trouvent à Goma.

Dans ce contexte, l’AFC/M23 dit désormais accepter « le principe » de discussions autour du processus de réouverture, sous réserve de la prise en compte des réalités liées au territoire qu’elle contrôle.

Une annonce en décalage avec les initiatives diplomatiques

Cette évolution rhétorique intervient après la conférence internationale coorganisée le 30 octobre 2025 à Paris par la France et le Togo sur la paix et la prospérité dans la région des Grands Lacs. À l’issue de cette rencontre, les autorités françaises avaient annoncé la mobilisation de 1,5 milliard d’euros d’aide, dont une large part dédiée à l’urgence humanitaire, ainsi que la réouverture humanitaire de l’aéroport de Goma.

Le président français Emmanuel Macron avait alors présenté cette perspective comme un signal fort attendu par les populations du Nord-Kivu. Une annonce aussitôt rejetée par l’AFC/M23, qui avait dénoncé toute décision prise depuis Kinshasa sans son accord.

Pressions internationales et blocage persistant

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, le blocage s’est maintenu. En marge du G20 en Afrique du Sud, Emmanuel Macron a directement mis en cause le M23 et « ceux qui contrôlent l’aéroport », les accusant de freiner la réouverture malgré les démarches administratives engagées par la RDC.

À Kinshasa, le président Félix Tshisekedi avait, dès novembre 2025, instruit son gouvernement de préparer les conditions sécuritaires et logistiques nécessaires, en intégrant notamment les recommandations du Comité international de la Croix-Rouge. Une initiative également rejetée par l’AFC/M23.

Signaux timides sur le terrain

Sur le plan opérationnel, quelques évolutions ont toutefois été observées. Le 12 février 2026, la cheffe par intérim de la MONUSCO, Vivian van de Perre, est arrivée à Goma par voie aérienne, une première depuis plus d’un an. Elle a évoqué l’espoir d’une réouverture progressive, dans le cadre du mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu (MCVE+), soutenu par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Une reconnaissance implicite comme enjeu central

Malgré ces développements, l’aéroport de Goma, tout comme celui de Kavumu à Bukavu, reste officiellement fermé aux vols commerciaux. Dans ce contexte diplomatique fragmenté, l’ouverture affichée par Corneille Nangaa à des « discussions » apparaît moins comme une avancée concrète que comme un déplacement du débat vers la reconnaissance implicite de l’AFC/M23 comme acteur incontournable sur le terrain.

Reste à savoir si cette acceptation de principe débouchera sur des progrès tangibles, alors que les médiations menées par le Qatar et les États-Unis tentent de maintenir un processus de paix encore fragile dans l’est de la RDC.

Joshmishumbi

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