Quand la justice sort des palais pour aller à la rencontre du peuple
Le 20 janvier 2026 à Lausanne, la Coordination congolaise de la diaspora de Suisse (CODICOS) a réuni la communauté congolaise autour d’un échange politique et institutionnel de haute portée avec le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
Bien avant l’heure, la salle affichait complet, débordant jusque dans les espaces extérieurs. Une mobilisation révélatrice d’une attente forte : celle d’une justice crédible, protectrice et accessible, notamment face à l’un des fléaux les plus redoutés par la diaspora congolaise : la spoliation des biens immobiliers au pays.
Une diaspora debout, exigeante et engagée
Ouvrant la rencontre, le Président de la CODICOS, Augustin Mukamba, a salué la disponibilité et l’écoute du Ministre d’État, mettant en avant la portée politique d’un dialogue direct, sans filtre, entre l’État congolais et ses citoyens établis à l’étranger. Dans une atmosphère à la fois fraternelle et rigoureuse, la diaspora a affirmé une revendication claire : être reconnue non comme une périphérie, mais comme une composante à part entière de la République, porteuse de droits et de devoirs.
Spoliations : une angoisse profonde au cœur de la diaspora
Pour de nombreux Congolais vivant en Suisse, posséder une maison ou un terrain en RDC est devenu synonyme de vulnérabilité. Spoliations, falsification de titres fonciers, collusions entre acteurs administratifs et judiciaires : ces pratiques alimentent une insécurité juridique persistante, souvent vécue comme une injustice silencieuse.
Face au Ministre d’État, la question a été posée frontalement : quelles garanties l’État peut-il offrir à ses citoyens de la diaspora pour protéger leurs patrimoines immobiliers ?
Une priorité nationale assumée au sommet de l’État
En réponse, Guillaume Ngefa a tenu un discours de vérité et de fermeté. Il a rappelé que près de 70 % des dénonciations reçues au ministère de la Justice concernent des cas de spoliation, faisant de ce phénomène une priorité nationale, traitée sous instruction directe du Président de la République et conformément à la feuille de route gouvernementale.
Des actes concrets contre l’impunité
Loin des annonces d’intention, le Ministre d’État a détaillé les mesures déjà engagées : la mise en place d’un comité interministériel et interinstitutionnel, piloté par le ministère de la Justice et associant les Finances, l’Urbanisme, les Infrastructures et les services de protection des biens de l’État ; le démantèlement de réseaux de spoliateurs, avec des arrestations effectives ; des sanctions disciplinaires et pénales, incluant la radiation d’un avocat et la sanction de magistrats impliqués.
Des cas emblématiques ont été évoqués, notamment celui d’un Congolais de France dont la maison avait été spoliée en son absence et qui a été rétabli dans ses droits après intervention directe du Ministre d’État.
Pour la diaspora, ces exemples constituent des signaux forts de rupture avec l’impunité.
Sécurité juridique et climat des affaires : un message aux investisseurs
La présence d’opérateurs économiques congolais établis en Suisse, notamment dans les secteurs du bâtiment et de la microfinance, a donné une autre dimension à la rencontre.
Les assurances du Ministre d’État sur la sécurité juridique des investissements et l’amélioration du climat des affaires ont été perçues comme rassurantes, renforçant le rôle du ministère de la Justice comme levier de confiance économique et de développement.
Justice de proximité et lutte contre la corruption et l’impunité
Le déplacement du Ministre d’État à Lausanne s’inscrit dans une vision assumée : celle d’une justice de proximité, incarnée, accessible et redevable. En allant à la rencontre de la diaspora, Guillaume Ngefa affirme que la crédibilité de la justice congolaise repose sur sa capacité à protéger tous les citoyens, y compris ceux vivant hors du territoire national.
Cette démarche s’inscrit également dans une lutte structurelle contre la corruption et l’impunité, notamment au sein de la chaîne foncière et judiciaire, identifiée comme un terreau majeur des spoliations.
De la parole citoyenne à l’action gouvernementale
Dans un esprit de redevabilité institutionnelle, la CODICOS a remis au Ministre d’État un mémo officiel compilant les revendications de la diaspora congolaise de Suisse. Ce document, couvrant les questions de justice, de gouvernance, de sécurité et de climat des affaires, traduit la volonté de transformer l’indignation en propositions concrètes.
Le Ministre d’État s’est engagé à transmettre ce mémo au Gouvernement et à assurer, dans son champ de compétence, un suivi effectif des préoccupations soulevées.
Reconnaissance et légitimité
Moment symbolique de la rencontre, la remise d’un trophée au Ministre d’État par la Vice-Présidente de la CODICOS, Mme Brigitte Lembadio, est venue consacrer un leadership judiciaire perçu comme crédible, rigoureux et accessible.
Lausanne, un acte politique fort
Plus qu’une visite, Lausanne s’impose comme un acte politique majeur, illustrant une justice qui va vers les citoyens, qui écoute, qui explique et qui agit. Un signal clair est ainsi envoyé : sous l’impulsion de Guillaume Ngefa et selon la vision du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la justice congolaise entend désormais garantir la sécurité des droits et des patrimoines, lutter contre l’impunité et se vivre au plus près des citoyens, où qu’ils se trouvent.
LA REDACTION

