Le site minier de Lomera dans le groupement de Luhihi territoire de Kabare, site définitivement fermé mardi 4 novembre par l’AFC-M23. Les exploitants obligés de dégager leurs effets de ce site mais ils refusent.
Les opérateurs économiques, qui avaient choisi d’investir dans l’exploitation artisanale d’or à Lomera, ont commencé à évacuer leurs outils de travail.
D’autres encore éprouvent d’importantes difficultés pour assurer le transport de leurs lourds engins, tels que les concasseurs ou encore les motopompes.
Le mouvement citoyen Pamoja kwa Amani (Tous pour la paix) estime que la fermeture de ce site, pour des raisons inconnues jusqu’ici, vient aggraver les souffrances des habitants de Lomera, dont nombreux vivent de cet artisanat.
“La population du Kivu souffre déjà terriblement avec tout ce que nous sommes en train de connaitre comme conséquences de la guerre. Et à Bukavu, toutes les activités économiques sont totalement paralysées, le traumatisme est à son comble, les banques et les coopératives ne sont pas opérationnelles, bref la situation économique est catastrophique”, déplore un activiste de ce mouvement citoyen, Jean-Chrisostome Kijana.
Pour cette population “déjà martyrisée”, poursuit-il, le site de Lomera à Luhihi représentait une source de revenu et d’alimentation pour plusieurs milliers de ménages.
Et de l’autre côté, beaucoup de personnes – notamment des femmes – qui avaient pris des crédits pour aller lancer des activités à Luhihi, à Lomera, retrouvent aujourd’hui totalement abandonnées.
Noter tous Les exploitants du site de Lomera ont été obligé de quitter le lieu et de dégager leurs effets.
Ils ont adresser leur lettre de refus au gouverneur de la place: Lettre ouverte au Gouverneur.
Objet : Refus de l’ultimatum imposé à la population de Lomera.
Lomera, le 08 février 2026
Monsieur le Gouverneur,
Nous, habitants et défenseurs de Lomera, avons pris connaissance de votre ultimatum exigeant que la population locale quitte ce site minier afin de faciliter une exploitation semi-industrielle.
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette décision qui constitue une violation flagrante des droits humains fondamentaux et du droit international humanitaire. Lomera n’est pas seulement un site minier : c’est notre terre, notre mémoire, le lieu où reposent nos ancêtres, et le socle de notre dignité collective.
Au-delà de la fermeture de ce site minier, qui était exploité artisanalement et bénéficiait directement à la population de la région, décider une délocalisation forcée revient à se croire au-dessus de la loi. Il faut retenir que même en temps de guerre ou d’occupation, le droit international humanitaire et les droits de l’homme demeurent de stricte application et doivent être respectés sans condition.
Oui, la peur des armes peut nous frustrer aujourd’hui, mais nous vous assurons que nous ne quitterons pas. Nous refusons de céder à l’intimidation et à la spoliation. Notre présence ici est légitime, enracinée dans l’histoire et protégée par les lois nationales et internationales.
Nous vous rappelons que toute tentative d’expulsion forcée, de destruction de nos biens ou de profanation de nos tombes ancestrales engage votre responsabilité devant la justice nationale et internationale.
Nous appelons à la conscience, à la retenue et au respect de la dignité humaine. Lomera ne sera pas abandonnée. Nous resterons debout, unis, et déterminés à défendre notre terre, notre mémoire et notre avenir.
Avec dignité et fermeté,
✍️ Jadot Ntwali Chimanuka
+243 992886312
Au nom des habitants et défenseurs de Lomera
La rédaction.
