Une année s’est écoulée depuis la chute de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, tombée le 16 février 2025 aux mains des rebelles de l’AFC-M23. Ce jour-là, une colonne des insurgés avait fait son entrée dans la ville sans rencontrer de résistance majeure de la part des forces loyalistes, provoquant la stupeur au sein de la population et des autorités.
Le gouvernement provincial avait rapidement annoncé la perte de contrôle de la capitale provinciale, tandis qu’à Kinshasa, les autorités nationales dénonçaient une « violation grave de l’intégrité territoriale » de la République démocratique du Congo. Elles accusaient ouvertement le Rwanda de soutenir l’offensive rebelle, des accusations que Kigali a toujours rejetées.
Douze mois plus tard, la situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’est du pays. Plusieurs localités du Sud-Kivu restent sous contrôle des rebelles, malgré les efforts diplomatiques et militaires engagés pour tenter de stabiliser la région. Dans une déclaration rendue publique ce lundi 16 fevrier, des organisations des forces vives de l’Est ont appelé le gouvernement congolais à « activer tous les moyens nécessaires » pour reconquérir Bukavu ainsi que d’autres zones qu’elles estiment être sous influence rwandaise. Elles exhortent également la communauté internationale à renforcer la pression pour une solution durable au conflit.
Entre déplacements massifs de populations, paralysie des activités économiques et crise humanitaire persistante, les habitants continuent de payer le prix fort de cette instabilité. Beaucoup espèrent un retour rapide de l’autorité de l’État afin de retrouver une vie normale.
Après la chute de Bukavu en février 2025, les institutions provinciales du Sud-Kivu avaient été contraintes de se replier vers Uvira, deuxième ville de la province située près de la frontière avec le Burundi. Cette délocalisation visait à maintenir une continuité administrative face à l’avancée des rebelles de l’AFC-M23.
Cependant, cette accalmie n’a été que de courte durée. En décembre 2025, Uvira est à son tour tombée sous le contrôle des mêmes rebelles, plongeant davantage la province dans l’incertitude et contraignant à nouveau les autorités provinciales à fuir.
Le gouvernement provincial s’est alors déplacé vers la ville de Baraka, plus au sud, devenue provisoirement le nouveau centre administratif du Sud-Kivu encore sous contrôle gouvernemental.
Cette succession de replis illustre la détérioration continue de la situation sécuritaire dans la province, marquée par l’avancée des groupes armés et la fragilisation de l’autorité de l’État. Elle a également entraîné d’importants déplacements de populations civiles, aggravant la crise humanitaire dans la région.Face à cette instabilité, plusieurs acteurs de la société civile appellent à une mobilisation nationale et internationale pour restaurer la sécurité et permettre le retour des institutions dans leurs sièges officiels.
Grace MAUA
