Les travaux parlementaires de ce samedi de ce samedi 13 juin à l’Assemblée nationale ont été marqués par une vive tension autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Alors que les députés étaient réunis en séance plénière au Palais du Peuple pour examiner notamment la demande de prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, un groupe de députés élus de l’Est du pays a décidé de quitter l’hémicycle en signe de protestation.
À l’origine de leur mécontentement, la décision de maintenir les débats en séance publique alors qu’ils réclamaient un huis clos afin d’aborder sans réserve les questions sécuritaires sensibles liées à la guerre qui continue de faire des victimes dans cette partie du pays.
« Nous voulions que ces échanges se déroulent à huis clos. Un collègue a introduit une motion pour que les discussions soient publiques. Nous ne l’avons pas acceptée parce que c’est notre population qui est massacrée quotidiennement.
Nous avons le sentiment que certains collègues ne mesurent pas suffisamment la gravité de ce que vivent nos provinces », a déclaré l’un des députés ayant participé à cette action.
Selon plusieurs élus de l’Est, cette séance constituait une occasion importante pour formuler des recommandations directes aux membres du gouvernement présents, notamment au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, ainsi qu’au Vice-ministre de la Défense nationale.
Les députés concernés souhaitaient notamment soumettre plusieurs propositions visant à renforcer la sécurité des populations civiles.
Parmi celles-ci figurait la mise en place de mécanismes d’autodéfense communautaire encadrés par l’État, impliquant davantage les jeunes des zones affectées par les conflits armés.
Cette sortie collective intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, où les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et une crise humanitaire préoccupante.
Malgré cet incident, la plénière s’est poursuivie avec l’examen de la prorogation de l’état de siège, mesure exceptionnelle en vigueur depuis plusieurs années dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Le débat a porté sur l’efficacité de ce régime spécial, ses limites ainsi que les stratégies à envisager pour restaurer durablement la paix et l’autorité de l’État dans les zones affectées.
Le départ des députés de l’Est illustre une fois de plus les divergences d’approche au sein de la représentation nationale sur la gestion de la crise sécuritaire qui secoue cette région du pays et met en lumière l’impatience croissante des élus confrontés quotidiennement aux réalités du terrain.
Nestor Fuluma.
