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RDC : les Forces vives de la Nation contestent la crédibilité de Joseph Kabila sur la question constitutionnelle

by Zionnews

Les Forces vives de la Nation ont vivement réagi à la récente sortie médiatique de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, prononcée le 11 juin 2026.

Dans une déclaration rendue publique et signée par leur coordonnateur national, Simon Mukenge Cicéron, elles remettent en cause la légitimité de l’ancien chef de l’État à se poser en défenseur de la Constitution et de la démocratie.

Selon cette organisation citoyenne, « l’ancien Président devenu Rebelle est sans doute la dernière personne à pouvoir se présenter comme le gardien intransigeant de la Constitution ». Les Forces vives rappellent qu’en 2011, sous la présidence de Joseph Kabila, la Constitution avait été modifiée afin de supprimer le second tour de l’élection présidentielle.

Une réforme qui, selon elles, avait été perçue comme répondant davantage à des intérêts politiques qu’à une volonté de consolidation démocratique.

Le mouvement estime également que l’ancien chef de l’État ne peut se prévaloir d’un discours démocratique sans répondre au bilan de ses dix-huit années au pouvoir. « Si la démocratie avait réellement été une priorité durant ses dix-huit années à la tête du pays, des compatriotes comme Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala ou Luc Nkulula, ainsi que les nombreux Congolais tombés lors des manifestations des 15 janvier 2015 et 16 septembre 2016, ne seraient pas devenus les symboles tragiques de la lutte pour les libertés publiques », affirme la déclaration.

Les Forces vives de la Nation s’interrogent également sur les critiques formulées par Joseph Kabila à l’égard du tribalisme. Elles soutiennent que plusieurs postes stratégiques de l’État, notamment dans les secteurs de la sécurité, des finances publiques, de la justice et de la défense, étaient sous son mandat confiés à des personnalités issues de sa supposée province d’origine. « Le jugement serait encore plus rigoureux et sévère si on élargissait l’analyse par rapport à son espace linguistique comme beaucoup tentent de le faire aujourd’hui », souligne le document.

Concernant les avertissements de l’ancien président sur une éventuelle « soudanisation » de la République démocratique du Congo, les Forces vives estiment que les difficultés actuelles du pays trouvent également leurs racines dans la gouvernance passée. Elles considèrent que « l’affaiblissement progressif des institutions républicaines, la déstructuration de l’outil de défense nationale et les politiques menées durant près de deux décennies du règne de Joseph Kabila ont contribué à fragiliser l’État congolais ».

Tout en rejetant toute perspective de chaos ou de balkanisation du pays, l’organisation appelle à un débat national fondé sur la cohérence et la mémoire collective. « Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution mérite mieux que des postures sélectives. Il exige de la cohérence, de l’honnêteté intellectuelle et du respect de la mémoire collective », soutiennent les auteurs de la déclaration.

Les Forces vives de la Nation affirment qu’« on ne peut pas invoquer la sacralité de la Constitution aujourd’hui après avoir participé, hier, à sa modification pour des intérêts politiques » et qu’« on ne peut pas se découvrir une âme de démocrate après avoir dirigé le pays dans un contexte marqué par des restrictions des libertés et des violences contre des citoyens engagés ».

En conclusion, l’organisation estime que la RDC a besoin d’« un débat serein, fondé sur l’intérêt supérieur de la Nation » plutôt que d’une « instrumentalisation de la peur ». Elle affirme enfin que « l’avenir de la RDC ne se construira ni dans l’amnésie ni dans les leçons de morale à géométrie variable ».

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