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Nord-Kivu : l’ARJPDH dénonce au moins six prisons clandestines attribuées au M23 à Goma

by Zionnews
L’ONG congolaise Action pour la Réforme de la Justice et la Promotion des Droits de l’Homme (ARJPDH) affirme avoir identifié au moins six centres de détention clandestins et de torture attribués au M23 à Goma et dans ses environs.

L’ONG congolaise Action pour la Réforme de la Justice et la Promotion des Droits de l’Homme (ARJPDH) affirme avoir identifié au moins six centres de détention clandestins et de torture attribués au M23 à Goma et dans ses environs. Ces lieux auraient été utilisés après la prise de la capitale provinciale du Nord-Kivu par le mouvement armé en janvier 2025.

Dans un rapport couvrant la période de janvier à octobre 2025, l’ARJPDH s’appuie notamment sur les témoignages de 18 anciens détenus. L’organisation indique également avoir recoupé certaines informations avec des rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch.

Selon l’ONG, les faits documentés pourraient révéler un système organisé de répression visant des civils soupçonnés de collaborer avec les autorités congolaises ou de s’opposer au M23.

Six sites de détention identifiés

L’ARJPDH cite notamment le site surnommé « Chien Méchant », un ancien bureau de l’Agence nationale de renseignements (ANR), présenté comme l’un des principaux lieux de torture.

Le rapport mentionne également le Stade de l’Unité, le complexe SMIDD situé près de la RTNC, le bâtiment de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu, le compound de la 34ᵉ région militaire ainsi qu’un site situé à Kanyaruchinya, à la périphérie de Goma.

Ces infrastructures auraient été transformées en lieux de détention illégale et d’interrogatoires.

Des conditions de détention jugées extrêmes

Les témoignages recueillis par l’ARJPDH décrivent des conditions de détention particulièrement difficiles : surpopulation, manque d’hygiène, privation de lumière, insuffisance alimentaire et absence d’installations sanitaires adéquates.

Certains anciens détenus affirment avoir été entassés à 50 ou 60 personnes dans des espaces exigus, avec des conséquences sur leur état de santé.

Le rapport fait également état d’allégations de tortures comprenant des coups portés avec des câbles électriques et des marteaux, des suspensions prolongées par les bras ainsi que des sévices visant les parties génitales. Des violences sexuelles sont également rapportées.

Des témoignages de victimes

Parmi les témoignages cités figure celui d’Emmanuel Kabanda, qui affirme avoir été témoin de violents passages à tabac au Stade de l’Unité après son arrestation liée au contenu de son téléphone.

Jean-Paul Nkurunziza affirme, de son côté, avoir été enlevé de son lit d’hôpital à Heal Africa lors d’une opération impliquant, selon son récit, plus de 130 personnes.

Le rapport évoque aussi le témoignage de Marie-Chantal Muhindo, qui affirme avoir été victime d’un viol collectif après l’évacuation forcée du camp de déplacés de Bulengo. L’avocat Joseph Mukendi dénonce pour sa part des perquisitions dans son cabinet et la disparition de dossiers liés à des crimes présumés attribués au M23.

L’ARJPDH demande l’intervention des observateurs internationaux

Face à la gravité des accusations, l’ARJPDH appelle les Nations unies et la Cour pénale internationale (CPI) à obtenir un accès aux sites de détention identifiés afin de permettre des vérifications indépendantes.

L’organisation, qui indique être membre de la Coalition pour la CPI, demande également l’ouverture d’enquêtes formelles, le renforcement des sanctions ciblées contre les responsables du M23 et la mise en place de mesures de protection en faveur des défenseurs des droits humains et des avocats à Goma.

L’ARJPDH

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