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Sud-Kivu : pillages et civils tués, selon l’ONG congolaise ARJPDH

by Zionnews
Un rapport publié le 27 décembre dernier par l’ONG congolaise Action pour la Réforme de la Justice et la Promotion des Droits de l’Homme (ARJPDH) dresse un tableau alarmant des violations massives des droits humains commises au début du mois de décembre sur l’axe Kamanyola–Luvungi–Uvira

Un rapport publié le 27 décembre dernier par l’ONG congolaise Action pour la Réforme de la Justice et la Promotion des Droits de l’Homme (ARJPDH) dresse un tableau alarmant des violations massives des droits humains commises au début du mois de décembre sur l’axe Kamanyola–Luvungi–Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Le document s’appuie sur des sources croisées, notamment des rapports onusiens, d’organisations internationales de défense des droits humains et des témoignages recueillis sur le terrain.

Selon l’ARJPDH, les violences ont éclaté le 2 décembre 2025, à la suite d’une offensive d’envergure du mouvement rebelle M23 contre les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les milices Wazalendo et des troupes burundaises. Progressant rapidement le long de la Route nationale n°5, les combattants du M23 sont parvenus à occuper temporairement la ville d’Uvira les 9 et 10 décembre, provoquant une panique généralisée parmi la population civile.

Le rapport accuse le M23 d’avoir eu recours à des armes lourdes, notamment l’artillerie et les mortiers, entraînant des bombardements indiscriminés dans des zones densément peuplées. Des exécutions sommaires de civils, soupçonnés de collusion avec l’armée régulière, ainsi que des incendies volontaires d’habitations et des pillages systématiques, figurent également parmi les exactions documentées. Mais les forces loyalistes et leurs alliés ne sont pas épargnés. l’ONG fait état de pillages lors de replis militaires, d’extorsions sous la menace, de frappes d’artillerie imprécises et de heurts internes entre factions alliées, aggravant le chaos sécuritaire.

Les conséquences humanitaires sont lourdes. Plus de 200 000 personnes ont été déplacées, dont environ 30 000 réfugiées au Burundi voisin. L’activité économique est à l’arrêt, avec des marchés et des écoles fermés, tandis que l’accès aux soins reste critique. La promiscuité dans les sites de déplacés et le manque d’eau potable font craindre l’apparition de foyers de choléra et de rougeole.

Face à cette situation, l’ARJPDH appelle à un cessez-le-feu immédiat, supervisé par des observateurs indépendants, ainsi qu’à l’ouverture d’enquêtes impartiales sur l’ensemble des crimes commis.

L’ONG plaide également pour la mise en place urgente d’un corridor humanitaire sécurisé et exhorte la communauté internationale à agir de manière concertée afin de protéger les civils et lutter contre l’impunité persistante dans l’est du pays.

ARJPDH

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