Home » RDC : le professeur Louis Akilimali analyse le « paradoxe de l’agresseur-libérateur » dans l’Est

RDC : le professeur Louis Akilimali analyse le « paradoxe de l’agresseur-libérateur » dans l’Est

by Zionnews
Le professeur Louis Akilimali analyse les conflits dans l’Est de la RDC et le « syndrome de l’agresseur-libérateur », tout en proposant cinq pistes pour la paix.

Le professeur Louis Akilimali Kahumbugu Chiririmbo propose une lecture historique, juridique, économique et théologique des conflits qui secouent l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une tribune intitulée « Le paradoxe à l’Est de la RD Congo : l’agresseur-libérateur ou libérateur-agresseur ? », il revient sur les différentes rébellions apparues depuis 1996 et formule plusieurs pistes pour sortir durablement de la crise.

Un regard historique sur les guerres dans l’Est de la RDC

Dans cette tribune consacrée à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, le professeur Louis Akilimali Kahumbugu Chiririmbo s’interroge sur le paradoxe entourant les mouvements armés qui se sont successivement présentés comme des forces de libération.

De l’AFDL jusqu’à l’AFC/M23, l’auteur estime que certaines rébellions ont revendiqué des objectifs de libération ou de défense des populations, tout en étant accusées, selon les périodes et les acteurs, d’occupation territoriale, d’exploitation des ressources naturelles et de violations des droits humains.

Il présente cette contradiction sous l’expression de « syndrome de l’agresseur-libérateur », qui constitue le fil conducteur de sa réflexion.

Le « deal Rwanda-AFC/M23 » analysé sous quatre angles

Dans son analyse, le professeur Akilimali identifie quatre dimensions qu’il associe à ce qu’il présente comme le « deal Rwanda-AFC/M23 ».

Le premier volet est sécuritaire, avec notamment la question de la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’Est congolais.

Le deuxième aspect concerne l’économie, particulièrement l’exploitation et le contrôle des minerais stratégiques présents dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le troisième volet est politique. L’auteur évoque un objectif de contrôle de certaines zones d’influence et les rapports de force régionaux qui entourent la crise congolaise.

Enfin, il identifie une dimension psychologique et communicationnelle, qui viserait, selon son analyse, à construire un récit susceptible de légitimer la présence ou le contrôle de territoires auprès des populations et de la communauté internationale.

Les populations civiles, « victimes deux fois »

Au cœur de la tribune figure également la situation des populations civiles de l’Est de la RDC.

Pour Louis Akilimali, les habitants des zones affectées par les conflits seraient « victimes deux fois » : d’abord en raison des faiblesses de l’État congolais, notamment dans ses missions de protection et de sécurisation du territoire, puis en raison des conséquences liées au contrôle de certaines zones par des groupes armés.

Cette situation, selon l’auteur, contribue à prolonger les déplacements de populations, l’insécurité et les violations des droits fondamentaux.

Cinq pistes pour sortir durablement de la crise

Face à cette crise persistante, le professeur Louis Akilimali avance plusieurs propositions.

Il préconise notamment la mise en place d’une commission vérité, justice et réconciliation pour les Kivu, destinée à favoriser la reconnaissance des violences et à contribuer à la reconstruction du tissu social.

Il plaide également pour la professionnalisation de l’armée congolaise, une diplomatie plus ferme face aux enjeux régionaux, ainsi qu’une meilleure traçabilité des minerais afin de limiter le financement des conflits à travers l’exploitation des ressources naturelles.

L’auteur insiste enfin sur la nécessité d’une implication accrue des Églises et de la jeunesse dans les initiatives de paix, de réconciliation et de reconstruction.

Une réflexion inscrite dans le débat public

La tribune du professeur Louis Akilimali Kahumbugu Chiririmbo intervient dans un contexte où les causes profondes des conflits dans l’Est de la RDC continuent de faire l’objet de débats politiques, académiques et diplomatiques.

Son analyse met en avant l’imbrication des facteurs historiques, sécuritaires, économiques, politiques et sociaux dans la persistance des violences.

Cette tribune relève de la responsabilité de son auteur et constitue une contribution au débat public sur les causes des conflits dans l’Est de la RDC ainsi que sur les voies possibles vers une paix durable.

LA REDACTION

You may also like

Leave a Comment