L’opposant congolais Olivier Kamitatu met en garde contre les implications politiques et symboliques d’une éventuelle visite du roi Philippe de Belgique en République démocratique du Congo (RDC). Dans une tribune, il appelle Bruxelles à placer les droits humains et la situation des opposants au cœur de toute démarche diplomatique.
Olivier Kamitatu estime qu’une éventuelle nouvelle visite du roi Philippe à Kinshasa ne pourrait être considérée comme un simple déplacement diplomatique. Selon l’opposant congolais en exil, une telle visite aurait une « charge symbolique considérable » dans le contexte politique actuel en RDC.
Dans sa tribune, Kamitatu craint notamment que la présence du souverain belge puisse être « instrumentalisée comme une légitimation » du pouvoir en place. Il invite ainsi les autorités belges à mesurer la portée politique d’un éventuel déplacement royal dans un pays confronté, selon lui, à plusieurs préoccupations liées aux libertés publiques et aux droits humains.
Olivier Kamitatu évoque la situation des opposants congolais
L’ancien président de l’Assemblée nationale congolaise revient également sur la situation de certains opposants et réfugiés politiques congolais établis en Belgique. Il fait notamment référence à l’agression d’un réfugié politique et aux craintes exprimées par d’autres opposants vivant en exil.
Pour Olivier Kamitatu, ces éléments devraient être pris en compte par Bruxelles avant toute initiative diplomatique de haut niveau avec Kinshasa.
Il évoque également le sort des personnes qu’il considère comme des prisonniers politiques en RDC et appelle les autorités belges à faire de la question des droits fondamentaux un élément central de leurs échanges avec le gouvernement congolais.
Un appel à une prise de position publique de Bruxelles
Olivier Kamitatu demande à la Belgique de ne pas laisser une éventuelle visite du roi Philippe se dérouler « dans le silence ». Il souhaite que Bruxelles fasse précéder ce déplacement d’une prise de position publique sur plusieurs dossiers sensibles.
Parmi ses principales demandes figurent la défense des droits humains en RDC, la sécurité des personnes protégées par la Belgique ainsi que la libération des prisonniers politiques congolais.
Cette prise de position intervient alors que les relations entre la Belgique et la RDC demeurent suivies de près, notamment en raison des enjeux politiques et sécuritaires auxquels Kinshasa est confronté.
Une visite royale aux enjeux diplomatiques sensibles
Pour Kamitatu, une éventuelle visite du roi Philippe à Kinshasa devrait donc être accompagnée de messages politiques clairs afin d’éviter qu’elle soit perçue comme un soutien sans réserve aux autorités congolaises.
La question reste désormais de savoir si Bruxelles donnera suite à ces préoccupations et quelle place les droits humains occuperaient dans le cadre d’une éventuelle visite royale en RDC.
LA REDACTION