La santé mentale demeure un enjeu social important au Kasaï-Central, où la sensibilisation de la population, l’accès aux soins et la lutte contre la stigmatisation des personnes souffrant de troubles mentaux restent des défis majeurs.
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée ce samedi 10 octobre, une réflexion autour du bien-être psychologique et de la prise en charge des personnes concernées a été organisée dans la commune de Katoka, au quartier Mpokolo, à Kananga.

Placée sous le thème « Quand les voix sont entendues, le changement devient réel : agir pour la santé mentale en RDC », cette rencontre a permis d’aborder la nécessité de mieux comprendre les troubles mentaux et de favoriser l’intégration sociale des personnes qui en souffrent.
Selon les données communiquées au cours de cette activité, 1 678 cas ont été enregistrés en 2025 au Centre hospitalier Jukayi. Ce chiffre met en évidence l’importance de la question de la santé mentale et la nécessité de disposer de données actualisées pour mieux cerner les besoins de la population.

Au-delà des chiffres, les témoignages des patients ont constitué l’un des moments marquants de cette journée,certains intervenants ont partagé leurs expériences personnelles, notamment les difficultés rencontrées au cours de leur parcours de maladie et les soins reçus. Ces récits ont rappelé que les troubles mentaux affectent non seulement les personnes concernées, mais aussi leurs familles et leur environnement social.
Sur le plan communautaire, la stigmatisation, les préjugés et le manque d’information peuvent constituer des obstacles à la recherche de soins et au rétablissement. D’où l’importance d’encourager les familles et les proches à adopter une attitude fondée sur l’écoute, la solidarité et la compassion, plutôt que sur le rejet ou la discrimination.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de consulter des professionnels de santé dès l’apparition de signes préoccupants, afin de favoriser une prise en charge adaptée. La sensibilisation, notamment à travers les médias et les échanges communautaires, apparaît comme un moyen de rapprocher les populations des informations et des services de soins disponibles.
La question de la santé mentale interpelle ainsi l’ensemble de la société autorités publiques, professionnels de santé, familles, établissements scolaires et médias. Une meilleure compréhension des troubles mentaux et un accompagnement humain des personnes concernées sont essentiels pour préserver leur dignité et faciliter leur réinsertion sociale.
À Kananga, cette journée rappelle que la santé mentale ne relève pas uniquement du domaine médical. Elle constitue également une question de solidarité, de droits humains et de cohésion sociale, qui nécessite l’engagement de toute la communauté.