Réunie à Rome, la Coalition C64 hausse le ton face à la situation politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Dans ses prises de position, cette plateforme rejette catégoriquement toute modification de la Constitution, tout troisième mandat présidentiel, tout report des élections prévues en 2028 ainsi que toute forme de maintien au pouvoir en dehors du cadre constitutionnel.
La C64 accuse également le pouvoir en place de préparer un éventuel « coup d’État constitutionnel » à travers les initiatives liées à la loi sur le référendum. Elle réaffirme ainsi son opposition à toute démarche susceptible de remettre en cause les dispositions fondamentales de la Constitution du 18 février 2006, particulièrement son article 220.
La C64 rejette également la prise du pouvoir par les armes
Dans sa déclaration, la C64 ne se limite pas à dénoncer les risques de dérive constitutionnelle. Elle condamne également toute prise du pouvoir par les armes, estimant qu’il n’existe aucune issue militaire à la crise multidimensionnelle que traverse actuellement la RDC.
Pour cette coalition, la résolution durable de la crise congolaise passe nécessairement par une démarche politique et diplomatique. Elle appelle ainsi à l’organisation d’un dialogue national inclusif afin de favoriser la cessation des hostilités, la réunification du territoire national et le renforcement de la cohésion nationale.
Accord de Washington : la C64 insiste sur le respect des engagements
Concernant les engagements stratégiques issus de l’Accord de Washington, la C64 affirme qu’ils doivent être préservés, dans l’intérêt des États-Unis et de la République démocratique du Congo.
Elle estime toutefois que leur mise en œuvre doit s’accompagner de la stabilité institutionnelle, d’un climat favorable aux affaires et d’une véritable lutte contre la corruption, sous la conduite de dirigeants légitimement élus et conformément à la Constitution du 18 février 2006.
La coalition insiste particulièrement sur le respect de l’article 220, qui protège certaines dispositions fondamentales de la Constitution contre toute révision.
Félix Tshisekedi et Joseph Kabila sollicités pour une issue congolaise à la crise
L’une des principales annonces de la C64 concerne sa volonté de rencontrer deux figures majeures de la scène politique congolaise : le président Félix Tshisekedi et l’ancien président Joseph Kabila.
La coalition souhaite échanger séparément avec les deux personnalités afin de rechercher une issue congolaise à la crise et de convenir des meilleures conditions possibles pour l’organisation d’un véritable dialogue national inclusif.
Selon la C64, cette démarche vise à préserver les intérêts nationaux et à trouver un consensus politique permettant au pays de sortir de l’impasse actuelle.
Un appel à la responsabilité politique
À travers cette déclaration faite à Rome, la C64 entend placer le respect de la Constitution, le rejet de la violence armée et le dialogue national au centre de la recherche d’une solution à la crise congolaise.
Reste désormais à savoir quelle sera la réaction de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila face à cette proposition de rencontres et à l’appel de la coalition en faveur d’un dialogue national inclusif.
Josue Mishumbi