La ville de Béni, au Nord-Kivu, a connu une journée particulièrement tendue ce dimanche 31 mai 2026, au lendemain d’une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des ADF dans le quartier Ngadi, situé dans la commune de Rwenzori.
Selon des sources locales, au moins 9 personnes ont perdu la vie lors de cette incursion armée. La majorité des victimes appartiendrait à la communauté pygmée. Au matin, plusieurs corps étaient encore visibles sur le lieu du drame, une situation qui a suscité une vive émotion au sein de la population.
Indignés par cette nouvelle tragédie, des habitants, principalement des jeunes, ont organisé une marche spontanée en transportant les dépouilles des victimes à travers plusieurs artères de la ville. Leur objectif était d’attirer l’attention des autorités sur la détérioration persistante de la situation sécuritaire dans la région de Béni.Tout au long du parcours, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant l’inefficacité des dispositifs de sécurité face aux attaques répétées visant les populations civiles. La circulation a été perturbée sur plusieurs axes, notamment le long de la Route nationale numéro 4 menant vers Oïcha.
Les forces de sécurité, composées d’éléments de la Police nationale congolaise et des FARDC, sont intervenues pour empêcher l’avancée du cortège vers les bâtiments administratifs. Une première confrontation a eu lieu aux abords de l’Université Chrétienne Bilingue du Congo (UCBC), où les autorités ont tenté de récupérer les corps afin de les transférer à la morgue. Face au refus des manifestants, un important dispositif sécuritaire a ensuite été déployé dans le secteur de Boïkene. Des tirs de sommation ont été effectués pour disperser la foule. Les forces de l’ordre ont finalement récupéré plusieurs dépouilles qui ont été conduites à la morgue de l’Hôpital général de référence de Béni.
Cette nouvelle attaque ravive les inquiétudes des habitants de Béni, une ville régulièrement endeuillée par les violences attribuées aux ADF malgré les opérations militaires menées dans la région. Plusieurs citoyens dénoncent l’absence d’amélioration significative de la sécurité et réclament des mesures urgentes pour protéger les populations civiles.
De son côté, la coordination urbaine de la société civile de Béni a condamné fermement cette attaque. Son président, Me Pepe Kavota, estime que les alertes lancées avant l’incident n’ont pas été suffisamment prises en considération par les services compétents.La société civile appelle les autorités à renforcer la présence sécuritaire dans les quartiers exposés de la ville, notamment Ngadi, Boïkene, Kasabinyole, Païda et Nzuma. Elle recommande également une vigilance accrue autour de la prison centrale de Kangbayi afin de prévenir tout risque d’attaque ou de tentative d’évasion.
Alors que la population reste sous le choc, les habitants espèrent des réponses concrètes face à une insécurité qui continue de faire des victimes dans la région de Béni.
Maua GRACE
