Les activités socio-économiques ont été paralysées ce jeudi 15 octobre 2026 à Butembo, au Nord-Kivu, à la suite d’un appel à une journée ville morte lancé par les mouvements citoyens et les groupes de pression.
Les organisateurs dénoncent la gestion de la riposte contre Ebola et exigent la libération sans condition des militants Clovis Mutsuva et Assa Mahamba, actuellement emprisonnés.
Au centre-ville, les activités commerciales, qui commençaient à peine à reprendre dans la matinée, ont été perturbées par des crépitements de coups de feu signalés dans le quartier Furu. La police est intervenue pour disperser les manifestants, qui avaient déjà placé des barricades et brûlé des pneus sur la voie publique. Plusieurs écoles de la zone ont renvoyé les élèves à la maison, tandis que les boutiques et autres maisons de commerce sont restées fermées.
Cette mobilisation a également coïncidé avec la commémoration du 12ᵉ anniversaire du début des massacres attribués aux rebelles ADF dans la région de Beni, le 15 octobre 2014. À cette occasion, les manifestants ont rendu hommage aux victimes de la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo, en rappelant les souffrances des populations affectées par l’insécurité.
De leur côté, les commerçants, qui reconnaissent les conditions précaires que traverse la ville, appellent les manifestants à privilégier d’autres moyens de revendication sans perturber les activités commerciales. Ils soulignent les difficultés auxquelles font déjà face les opérateurs économiques dans un contexte marqué par l’insécurité et les perturbations répétées des activités.
Les mouvements citoyens LUCHA, RAIYA ANA SIMAMA, Parlement Debout de Furu, FILIMBI, CITIZENS ACT et NJIAPANDA REVOLUTION, initiateurs de cette journée, ont remercié la population de Butembo pour avoir suivi le mot d’ordre de ville morte. Ils réitèrent leurs exigences, notamment la libération sans condition de Clovis Mutsuva et d’Assa Mahamba, ainsi qu’une gestion plus transparente et équitable de la riposte contre l’épidémie d’Ebola au Nord-Kivu.
Maua Grace