Le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le professeur Jean-Jacques Muyembe, s’est voulu rassurant concernant l’évolution de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Malgré le nombre important de cas suspects recensés depuis le début de la flambée, il affirme que la situation demeure sous contrôle.
Selon les données communiquées, près de 900 cas suspects ont été signalés, mais seulement 290 ont été confirmés par les analyses de laboratoire. Pour le célèbre virologue congolais, cette situation correspond à une évolution classique de la maladie.
« Il s’agit d’une épidémie normale, comme les autres », a déclaré Jean-Jacques Muyembe, soulignant que le taux de mortalité observé reste relativement faible par rapport à certaines précédentes flambées du virus.
Une épidémie qui devrait rester limitée
Le spécialiste estime que le nombre total de cas confirmés ne devrait pas atteindre le seuil symbolique de mille infections.
« On arrivera peut-être à trois-cents ou quatre-cents cas, mais pas mille », a-t-il affirmé avec confiance.
Cette projection se veut rassurante alors que les autorités sanitaires poursuivent les efforts de surveillance, de dépistage et de prise en charge des patients dans les zones touchées.
La souche Bundibugyo moins mortelle que la souche Zaïre
Commentant les récentes guérisons enregistrées à Bunia, le professeur Muyembe a expliqué que la souche Bundibugyo du virus Ebola présente une létalité inférieure à celle de la souche Zaïre, historiquement plus meurtrière.
Il a également rappelé que des cas de guérison spontanée ont déjà été observés lors d’épidémies précédentes. Les patients concernés ont bénéficié de soins standards, en l’absence d’un traitement spécifique homologué contre cette souche du virus.
Attention aux risques de transmission communautaire
Malgré ces résultats encourageants, le directeur général de l’INRB met en garde contre une mauvaise interprétation des guérisons enregistrées.
Selon lui, si certaines personnes pensent qu’il est possible de guérir sans consulter les structures sanitaires, cela pourrait favoriser la propagation du virus au sein des communautés.
« C’est un couteau à double tranchant », a averti Jean-Jacques Muyembe.
Il a ainsi appelé toutes les personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola à se rendre rapidement dans les centres de traitement afin de bénéficier d’une prise en charge adéquate et de limiter les risques de contamination.
Une vigilance toujours nécessaire
Alors que l’évolution de l’épidémie semble maîtrisée, les experts sanitaires insistent sur l’importance de maintenir les mesures de prévention, la surveillance épidémiologique et la sensibilisation des populations. La rapidité du dépistage et de la prise en charge reste un élément clé pour interrompre les chaînes de transmission et éviter une aggravation de la situation.
JOSHMISHUMBI
