Plus de trois décennies de conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo n’ont pas seulement laissé des victimes et des déplacements. Ils ont aussi profondément affecté la vie économique et sociale des populations.
À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée lundi 21 septembre 2026, John Ngulevo Emmanuel, étudiant en sciences politiques, master en gouvernance, sécurité et défense à l’Université catholique du Graben, appelle à repenser la manière de construire la paix en RDC. Cette journée est célébrée cette année sous le thème « investir dans la paix pour tous, partout, chaque jour ».
Selon lui, la complexité de la situation dans l’Est du pays exige une approche globale prenant en compte les dimensions politiques, diplomatiques, économiques et sociologiques des conflits. Il estime que les efforts politiques et diplomatiques, à eux seuls, ne suffisent pas à résoudre durablement cette crise. « La paix ne doit pas être seulement l’absence de la guerre. Elle doit permettre à chacun de vivre, de travailler et de se déplacer sans avoir peur », explique John Ngulevo Emmanuel.
L’étudiant souligne également les conséquences de l’insécurité sur la vie quotidienne des populations. Dans les zones rurales comme dans les milieux urbains, notamment à Butembo, il estime que l’absence de paix affecte les activités économiques, l’agriculture, la santé et l’éducation. Pour lui, la paix doit donc être comprise comme une condition permettant aux citoyens de vivre dans la sécurité, la dignité et de répondre à leurs besoins essentiels.
John Ngulevo Emmanuel appelle particulièrement les jeunes à ne pas perdre espoir et à jouer leur rôle dans la construction de la paix. Il estime que cette responsabilité concerne les institutions, les acteurs locaux, la société civile, mais aussi chaque citoyen. « La paix ne viendra pas seulement du gouvernement ou des politiciens. La majorité, l’opposition, la société civile et chaque citoyen doivent tous s’engager », insiste-t-il.
Face aux difficultés économiques et sociales, l’étudiant invite enfin la population à la prudence afin d’éviter que la recherche de solutions de survie ne conduise certains à participer, directement ou indirectement, aux violences. Il encourage chacun à agir dans son domaine et à contribuer quotidiennement à la construction d’une paix durable en RDC, conformément à l’esprit de la Journée internationale de la paix, qui rappelle que la paix se construit par l’action de tous, partout et chaque jour.
Maua Grace