À peine arrivé à Goma, le nouveau chef de la MONUSCO, James Swan, a clairement défini les priorités d’une mission recentrée sur la stabilisation de l’Est de la République démocratique du Congo. Mais cette nouvelle phase dépendra de conditions jugées « indispensables » par les Nations unies.
Un cessez-le-feu strict comme fondation
Au cœur des exigences de la MONUSCO figure le respect rigoureux du cessez-le-feu. Celui-ci doit s’accompagner de mesures concrètes pour garantir le bon fonctionnement du mécanisme conjoint élargi de vérification. L’objectif est d’assurer un suivi crédible et transparent des engagements pris par les différentes parties au conflit.
Fin des drones offensifs et des interférences GPS
Parmi les points sensibles soulevés, la mission onusienne exige l’arrêt immédiat de l’utilisation de drones offensifs, considérés comme un facteur aggravant des tensions sur le terrain.
La MONUSCO dénonce également le brouillage et l’usurpation des signaux GPS, des pratiques qui compromettent gravement ses opérations. Ces interférences technologiques réduisent l’efficacité des dispositifs de surveillance et mettent en danger les équipes déployées dans les zones à risque.
Liberté de mouvement et accès stratégique
Autre condition essentielle : la liberté totale de mouvement pour le personnel et les équipements de la MONUSCO. Toute entrave imposée par les groupes armés ou les forces en présence est perçue comme un obstacle majeur à l’exécution de son mandat.
Dans cette logique, l’organisation insiste également sur la nécessité d’un accès sécurisé aux aéroports ainsi qu’à l’espace aérien. Ces éléments sont cruciaux pour assurer le déploiement logistique, les évacuations d’urgence et la coordination des opérations sur le terrain.
Une coopération indispensable des belligérants
Au-delà des aspects techniques, James Swan a mis en avant un facteur déterminant : la coopération active de tous les acteurs impliqués, y compris les forces de défense et de sécurité. Sans cet engagement collectif, le cessez-le-feu risque de rester symbolique.
Relancer la désescalade face à la menace du M23
Cette première visite à Goma intervient dans un contexte marqué par les tensions persistantes liées aux offensives du Mouvement du 23 mars (M23), qui ont notamment affecté les villes de Bukavu et Goma.
La MONUSCO entend ainsi relancer une dynamique de désescalade et restaurer la confiance auprès des populations locales, premières victimes de l’insécurité chronique dans l’Est du pays.
Un mandat sous conditions
Pour la MONUSCO, la réussite de son mandat dans l’Est congolais dépendra moins de sa présence physique que du respect, par les acteurs armés, de règles minimales garantissant un environnement sécurisé et opérationnel.
LA REDACTION
