Le Réseau pour les droits de l’Homme (REDHO) alerte sur la lenteur dans le traitement des dossiers pénaux au sein des Tribunaux de paix de Beni, Butembo et du territoire de Lubero.
Dans un communiqué de presse publié le 18 septembre 2026, cette plateforme des organisations de défense des droits humains attribue principalement cette situation à l’insuffisance du nombre de juges dans ces juridictions.
Selon Maître Muhindo Wasinywa, coordonnateur du REDHO, chacun des trois Tribunaux de paix ne compte actuellement que deux juges. L’empêchement de l’un d’entre eux peut ainsi paralyser le fonctionnement de la juridiction, alors que les magistrats en place sont déjà débordés par les dossiers pénaux. Cette situation entraîne notamment des retards dans le traitement des affaires et peut laisser certains détenus plusieurs jours en prison sans que leur détention soit régularisée.
Le REDHO estime également que cette lenteur alimente la méfiance d’une partie de la population envers les instances judiciaires, plusieurs dossiers restant longtemps sans décision. L’organisation évoque aussi une multiplication des cas de justice populaire dans la région. Selon elle, certains justiciables peuvent être tentés d’orienter leurs affaires vers des groupes armés, notamment les Wazalendo présents dans la zone, plutôt que de recourir aux mécanismes judiciaires de l’État.
Tout en saluant la récente nomination de nouveaux juges, Maître Muhindo Wasinywa sollicite une augmentation urgente du nombre de magistrats au sein des Tribunaux de paix de Beni, Butembo et Lubero. Pour le REDHO, ce renforcement permettrait d’accélérer le traitement des dossiers pénaux et de soulager la population confrontée aux lenteurs judiciaires.
Maua Grace