Les activités du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) sont désormais suspendues sur l’ensemble du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri. La décision a été annoncée ce vendredi par l’administrateur policier du territoire, le commissaire supérieur principal Jean-Baptiste Muyapandi, à travers un communiqué officiel.
Selon l’autorité territoriale, cette mesure fait suite à plusieurs agissements attribués au mouvement citoyen, notamment son récent appel à la population à ne pas s’acquitter de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). L’administrateur estime que cette campagne constitue une incitation au non-respect des obligations fiscales prévues par la législation congolaise.
Le communiqué accuse également certains militants de la LUCHA de recourir à des pratiques assimilées à du chantage auprès des agents de l’État et des opérateurs économiques. Ces derniers auraient été soumis à des pressions répétées, notamment à travers des appels téléphoniques insistants et des visites fréquentes visant à obtenir des avantages financiers indus.
Les autorités rappellent par ailleurs que le mouvement s’est récemment illustré par l’organisation de plusieurs manifestations réclamant le retrait de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) du territoire de Mambasa.
Cette suspension intervient moins de vingt-quatre heures après le lancement par la LUCHA d’un appel à une grève générale pour protester contre l’augmentation des taxes imposées à la population. Le mouvement dénonçait une pression fiscale qu’il juge excessive dans un contexte marqué par l’insécurité persistante causée par l’activisme des groupes armés dans plusieurs localités de l’Ituri.
Jusqu’à la publication de cet article, les responsables de la LUCHA n’avaient pas encore réagi officiellement à la décision de l’administration territoriale.
Cette mesure pourrait néanmoins alimenter le débat sur la conciliation entre les impératifs du maintien de l’ordre public et le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association, dans une province placée sous état de siège depuis plusieurs années.
Ugen rwoth Salomon
Mambasa : l’administrateur du territoire suspend les activités de la LUCHA après un appel à la grève générale
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